Nouvelle semaine en Australie. C'est mon anniversaire! Youhou, je suis vieux! (plus que 13 ans et j'ai 50 ans!). Pour fêter ça dignement, je m'ouvre une petite jup' australienne (une "melbourne bitter") en terminant les délicieuses olives aux piments achetées pour Sue.
Rien à dire: elle est très bonne!
Happy birthday to me!
Il ne manque plus que la TV et tout serait parfait!!
Et bien, en fait, on l'a!! ... et depuis le début... mais on ne le savais pas...
Après qu'Houda m'ait demandé de regarder les tarifs de la télédistribution, je décide de regarder l'arrière du vieux poste qui fait partie des meubles de l'appart. Il y a aussi ce drôle de boitier tout vieux sur lequel est marqué "digital TV" que j'ai pris pour une antiquité. En fait, aucun câble n'est branché à l'arrière et je décide donc de faire un essai rapide avant de regarder les prix sur le net... Et là, miracle! ça marche! et on a des tas de chaînes (une vingtaine). Bien sûr, elles sont toutes aussi pourries les unes que les autres mais c'est déjà ça... et c'est gratuit en plus. Ça s'appelle le Free-to-Air ici et, visiblement, les chaînes se payent via la publicité. Comme en Grande Bretagne ou aux États Unis, la plupart des programmes sont saucissonné de pubs. C'est moins flagrant qu'aux États Unis mais c'est tout de même insupportable. Néanmoins, ça fait un peu de bruit de fond et Houda peut enfin voir ses Friends qu'elle a oubliés en Belgique.
Coté travail, j'ai reçu en début de semaine le résultat d'une nouvelle review d'un de mes papiers. Encore du travail pénible en perspective (les deux reviewers ne sont pas d'accord entre eux et il va falloir être diplomate pour les satisfaire)... je m'y mettrai la semaine prochaine... pfff. En attendant, je me consacre à un troisième papier qui nécessite aussi une révision. Et dire que j'ai aussi un rapport région wallonne qui me pend au nez... C'est vraiment pas drôle.
Le mardi, mes yeux sont plus ou moins en bon état puisque je ne lis plus mes mails sur mon GSM pendant les trajets. Je peux donc participer aux fameuses "practical classes" et aider les étudiants à faire leurs exercices. Pendant la séance du matin, il s'agit d'un problème de poutres en flexion qu'il faut dimensionner. Je n'ai plus fait ça depuis près de 15 ans mais c'est pas trop difficile et j'arrive à être convaincant, il me semble. Mis à part un étudiant qui n'arrête pas de me dire "ooh you're French?, Hahaha! bonjoouwww, common cô vaaaa? mewwci!", ça se passe plutôt bien et je pense être utile.
L'après-midi, il s'agit d'un exercice similaire sur Abaqus. Ça se passe dans une grande salle remplie d'ordinateurs. On voit qu'ils ont plus de moyens que l'université de Liège à Monash... Là aussi, c'est intéressant, surtout parce que ça me permet de parler en anglais. J'ai toujours beaucoup de mal à comprendre un des thésards, qui, lui, adore me poser des tas de questions tout à fait imprévisibles. Il m'a par exemple demandé si j'avais des enfants. Quand j'ai dit "non" et que j'ai essayé de me justifier, il m'a parlé d'un film nommé Idiocracy que je me suis empressé de télécharger. Ça raconte un futur étrange qui se base sur le fait qu'aujourd'hui, les gens les plus instruits font généralement beaucoup moins d'enfants que les gens les plus stupides. En quelques centaines d'années, puisque les gens stupides se reproduisent plus vite, la société devient complètement débile. Un très bon film que je ne connaissais pas.
Mes collègues à Monash
A côté de tout ça, je passe encore pas mal de temps à cuisiner. Ça fait passer le temps (j'allais dire "quand on n'a pas la TV"... faut dire que je ne l'ai pas encore regardée plus de 10min). Cette semaine au menu, outre les traditionnelles crêpes du matin: des champignons farcis recouverts de "tasty" (le fromage rappé), un bon gros plat de lasagnes aux champignons et un nouveau gâteau aux pommes. Je dois dire que si il y a bien un truc auquel je ne m'attendais pas c'était de manger correctement ici en Australie. J'avais le mauvais souvenir de Birmingham et, comme sur beaucoup de points, l'Australie ressemble à la Grande Bretagne, on s'attendait vraiment au pire question bouffe. Finalement non. Et au contraire! Il y a vraiment moyen de trouver tout et n'importe quoi et c'est toujours très bon tant qu'on oublie l'énorme somme d'argent qu'on a dépensé. Par exemple, aujourd'hui, pour le repas de midi, on s'est offert des petits pains excellents (semblables aux miches belges). C'est pas très bon pour le régime tout ça mais j'essaye de continuer à courir régulièrement pour garder la forme. Espérons que je resterai motivé pour le jogging jusqu'à la fin du séjour!
La semaine commence en fanfare! Arrivé à l'université le mardi matin, je me rends compte que je ne vois pas très clair, pour ne pas dire complètement flou. Mes yeux piquent, coulent et sont rouges. Le problème, c'est que j'ai insisté auprès de mon prof. pour participer à des "practical classes" (des exercices dirigés) et j'ai même passé l'après-midi de la veille à préparer les exercices pour être capable de répondre aux questions des étudiants... J'avais déjà eu deux "migraines oculaires" le samedi lors du Moomba festival mais il me semblait que ça allait beaucoup mieux. Le samedi, j'avais suspecté le soleil qui était particulièrement brillant et aveuglant. Je n'avais pas mis mes lunettes de soleil continuellement et j'aurais certainement dû. Néanmoins, cette fois-ci je suspecte un autre responsable: mon GSM! En effet, le trajet vers le bureau a été assez long et j'ai passé un bon bout de temps à lire mes mails sur le GSM,espérant ainsi pouvoir me mettre au travail directement en arrivant à Monash. Évidemment, puisque déjà l'écran 16 pouces de mon laptop me fatigue la vue, que dire d'un écran de 3.5 pouces? Et il faut ajouter à ça que le train qui nous mène de South Yarra à Huntingdale n'est pas un TGV: on sent très bien toutes les jonctions entre les rails et il est difficile de garder l'écran immobile devant les yeux. Bref, chaque matin, je fais subir une vraie séance de torture à mes yeux. Depuis lors, je n'écoute que de la musique dans le train.
Reynders me pique les yeux...
A 9:50, après quelques "CTRL +" désespérés sur mon laptop, j'envoie un mail aux autres thésards pour leur dire que je rentre chez moi et que je ne participerai pas aux TPs avec les étudiants. Houda décide de rentrer avec moi. Une fois chez nous, le temps semble bien long sans lecture. La vaisselle faite et le linge repassé, il ne reste que très peu de distractions. On décide alors d'aller faire les courses pour alléger l'agenda du week-end prochain. En effet, nous invitons Sue à manger le samedi soir et j'aimerais cuisiner quelques trucs (ça, au moins, ça épargne les yeux). Nous allons donc au Woolworths pour remplir le frigo. Ça fait passer le temps... On en profite pour acheter un matelas gonflable pour Maman qui arrive déjà dans une dizaine de jours.
Le lendemain, me yeux vont beaucoup mieux et je retourne travailler. En diminuant au maximum la luminosité de mon écran et en agrandissant la taille des polices, mes yeux ne pleurent plus. Finalement, le problème disparait presque complètement en fin de journée.
Le reste de la semaine, j'essaye d'avancer sur le travail du thésard. Il faut que j'arrive à faire fonctionner sa routine dans Abaqus mais il m'a donné assez peu d'instructions. Après plusieurs essais, j'arrive à lancer un premier calcul... sur mon laptop. En fait, depuis que j'ai le PC fixe tout installé et près à l'emploi, je n'utilise plus que mon PC portable qui est beaucoup plus rapide et beaucoup plus puissant. Le PC fixe fait un bruit de tondeuse quand je le démarre donc je le laisse se reposer la plupart du temps. Le seul moment où j'en ai réellement besoin, c'est lorsque je veux télécharger des grosses quantités de données (principalement des films qui proviennent de "garfield", mon PC belge, ou des vidéos youtube de starcraft). L'accès au réseau via le câble du PC fixe est beaucoup plus rapide que le réseau wifi. Les deux réseaux étant largement plus lents que celui qu'on a à l'université de Liège. Je ne sais pas trop si notre activité sur internet est surveillée mais comme Houda a été surprise qu'un opérateur prenne le contrôle de son PC fixe à distance lorsqu'elle a voulu installer un logiciel, je me méfie et j'ai crypté la plupart des transferts. Le seul problème pourrait venir de l'espace disque qui est assez limité sur mon laptop. Pour l'instant ça ne pose pas de problème.
Dès les premiers jours de la semaine, on commence à entendre un bruit abominable: c'est le Grand Prix qui a lieu le dimanche. Les voitures semblent être vraiment tout près lorsqu'on est à l'appart... et en effet, elles sont réellement tout tout près: le circuit est tracé dans Albert Park à moins d'1km à vol d'oiseau. Quand on était passé par là pour se promener sur la plage de St Kilda, je n'avais pas très bien compris pourquoi la route intérieure du parc était encerclée d'un grand grillage... c'était pour le Grand Prix. Le samedi, ça s'intensifie: ce sont les essais et nous décidons de nous éloigner un peu vers le Prahran market histoire d'acheter les dernières choses pour préparer la soirée avec Sue (du vin, des olives,etc.) et quelques trucs qui nous manquent pour la semaine. On voit là aussi que le Grand Prix a lieu ce week-end: des Ferrari, Porsche et autres Lamborghini sont garées un peu partout le long de Chapel Street.
Au marché, on découvre des étalages de fruits bien astiqués comme au Delhaize. Pas un gramme de terre. Les carottes ont fait leur permanente et sont toutes parallèles les unes aux autres. Tout brille... Et les prix sont aussi très drôles. Comme ils vendent absolument de tout à ce marché, et surtout de l'original et de l'exotique (pour les Australien), il n'a pas été très difficile de trouver.... du roquefort (à 100$ le kilo!).
99.99$ le kilo - on va s'en passer...
Finalement on n'a rien acheté au Prahran market parce qu'en plus, la plupart des vendeurs ne donnent pas de reçu. Donc on ne peut même pas espérer se faire rembourser en Belgique.
De retour à la maison, je démarre le dessert: du moka! Seule difficulté: trouver des petits beurres. Et, ben non, en fait, ils en ont! Ça s'appelle Arnotts Milk Coffee et seules les dimensions changent par rapport à chez nous (même longueur mais une largeur moindre - ils sont aussi un peu plus épais). Pour le goût c'est presque la même chose (c'est-à-dire pas très bon lorsque c'est mangé seul). En fait, le vrai problème est le café qui est vraiment mauvais ici à moins de l'acheter à côté du stand de roquefort au Prahran market). Le résultat final est tout de même réussi malgré une mesure très approximative des ingrédients.
Du moka australien
Pour le reste du repas, j'ai fait les "classiques": une tarte à l'oignon en entrée, et des cannellonis ensuite. A 19:00, Sue arrive chez nous. On ouvre la bouteille de mousseux achetée à Chapel Street et on discute de toutes sortes de choses. On parle notamment de nos impressions vis-à-vis de l'Australie et des Australiens. Sue n'est pas très tendre avec ses compatriotes. C'est vrai que pour l'instant on est un peu partagé vis-à-vis de l'Australie. Certaines choses sont peut-être très chouettes, mais d'autres le sont beaucoup moins. Peut-être parce qu'on vit dans un quartier très snob et donc un peu isolé de la réalité. On a par exemple un peu de mal à comprendre la place de "la ville la plus agréable au monde" qui a été obtenue par Melbourne récemment. Bien sûr c'est une chouette ville mais elle est loin d'être extraordinaire. Si on la compare à Barcelone par exemple: pas de plage correcte, pas de promenades agréables sur le port, pas de marché de poissons, pas de cuisine locale, pas de monuments historiques... Et la géométrie "en damier" de la ville n'est pas non plus très agréable. Enfin, les gens sont plutôt hautains et on a souvent l'impression d'être complètement invisibles à leurs yeux (je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dit bonjour dans le vide). Une explication pour cette première place, c'est peut-être que, comme le dit Sue, la plupart des Australiens ne connaissent pas grand chose d'autre que leur propre pays. Et si tous les gens de Melbourne votent pour Melbourne, ça fait déjà près de 4 millions de votes. Mais, même en Australie, il ne faut pas aller très loin pour trouver mieux (Sydney)... Bon, c'est pas trop grave, on n'est pas ici pour faire du tourisme.
Le dimanche, nous passons la journée à Richmond où Sue nous a indiqué un quartier asiatique où on vend du poisson à un prix correct (c'était une de nos questions... à ce demander parfois si on est réellement proche de la mer...). Lors de la promenade, on mange un fish & chips pas trop mauvais préparé par un Chinois. Et on trouve comme dessert un biscuit "palmier", comme en il y en a en France.... Et bien moi je dis, les Chinois doivent être pour quelque chose dans cette première place de Melbourne!
Et pourquoi "Week 2", me direz-vous? Et bien simplement parce que tout le monde compte les semaines de travail comme ça à Monash. Par exemple mon anniversaire est le lundi du week 4 et maman arrive au milieu du week 5... Je m'y suis mis aussi; c'est pas mal ce système. On peut voir par exemple très rapidement quelle est la distance qui nous sépare des vacances. A ce sujet, je n'ai pas encore très bien regardé le calendrier australien. Je sais qu'on va avoir un mid-semester break très bientôt (à la fin du week 6). Et contrairement à la Belgique, "break" veut dire "pas de travail", un peu comme en Angleterre. Les étudiants n'ont donc pas d'examens à préparer. C'est vraiment très relax.
Donc, cette deuxième semaineà Monash, j'ai décidé de continuer à travailler sur le programme du thésard et d'analyser sur papier ce qui pouvait bien clocher. En faisant quelques tests, j'ai rapidement compris qu'il y avait une erreur dans le calcul de sa géométrie et j'ai pu lui corriger ses formules de trigono. Il était content, même si au final il reste toujours des problèmes. A la réunion hebdomadaire, il a dit devant tout le monde que je l'avais beaucoup aidé. C'est donc un bon début et le professeur qui m'accueille est très enthousiaste. Je n'ai malheureusement toujours pas accès au programme Abaqus qui est nécessaire pour tester très finement le travail du thésard. J'attends la réponse de l'IT team qui doit venir m'installer tout ce qu'il faut mais, d'après le thésard, ce sont pas des flèches.
Festival du film français à South Yarra
Le mercredi soir, mon prof nous avait proposé d'aller avec lui et sa compagne au French film festival tout près de chez nous, un peu plus loin sur Toorak Road. Il s'agit de la soirée d'ouverture du festival qui commence par un film et qui finit par des petits fours juste après. Pour le film, on a eu droit à La guerre est déclarée, un magnifique navet comme seul le cinéma français et les frères Dardenne savent en faire. Résumé en une phrase, ça donne ceci: "c'est l'histoire d'un couple dont l'enfant est atteint d'un cancer du cerveau...". Comme me l'a dit mon prof pendant le générique de fin, c'aurait pu être drôle si l'enfant s'était fait écrasé par un bus en sortant de l’hôpital lorsqu'il est finalement guéri... Oui, j'y avais pensé aussi... mais non, c'est pas un film comique (faut donc pas rigooooler, comme aurait probablement dit Elie Kakou). J'ai voulu expliquer aussi aux australiens que normalement devant un film tel que celui-là, quand on est au Churchill à Liège, on est obligé de regarder tout le générique de fin en fronçant les sourcils avec une main sur le menton, sans se lever... mais je crois qu'ils préféraient sortir au plus vite pour attaquer les différents buffets hors de la salle. Il y avait du camembert, appelé ici tout bêtement "soft cheese" ou "bwwiiie" (brie - même si c'en est pas), et de la baguette bien sûr, ainsi que du vin blanc et rouge à volonté... autrement dit, tout ce qu'il fallait pour tenter de rentabiliser les 110$ que nous a coutés cette soirée. Je crois qu'on y est finalement arrivé. On a passé un très bon moment avec mon prof et sa compagne. Ils parlent beaucoup et veulent nous revoir pour aller goûter du vin de la Yarra valley. Ça va certainement nous coûter un pont mais pourquoi pas, au point où on en est...
Premier essai de pizza à l'appart
A l'appart, on essaye de vivre un peu comme en Belgique. Comme on n'a pas de voiture, on va très régulièrement au supermarché pour remplir notre armoire de toutes sortes de choses bonnes à manger et avoir ainsi le choix lorsqu'on rentre du boulot. J'essaye de cuisiner mais c'est parfois un peu difficile parce qu'il nous manque des ingrédients ou parce que je n'ai pas l’ustensile adéquat. Les tests de la semaine, après les crêpes de la semaine passée: la pizza et le gâteau aux pommes. Pour la pizza, c'est pas très difficile. Il suffit de trouver un plat qui n'accroche pas trop. On a deux plaques de cuisson pas trop sales qui font l'affaire. Pour la pâte, j'ai déniché un petit rouleau à pâtisserie ridicule mais suffisant. Reste à vérifier que le four fonctionne correctement. C'est un four au gaz qui finalement marche beaucoup mieux que celui qu'on a en Belgique. Donc, on peut faire des pizzas plus ou moins quand on veut. C'est pratique pour éliminer les vieux restes (malgré son nom peu engageant, ma "pizza aux restes" est généralement plutôt bonne).
Pour le gâteau aux pommes (tiens? j'ai jamais essayé le "gâteau aux restes"...), il me faut un fouet électrique. Du moins, c'est préférable, surtout que j'envisage de faire aussi un moka prochainement. J'en ai trouvé un à 18$ au Woolworths et j'espère qu'à ce prix-là il ne va pas me fondre un jour dans les mains. Le gâteau est réussi du premier coup et il ne faut pas plus de deux jours pour le manger entièrement. Je me suis fait aider par mon collègue suisse qui m'avait offert du gâteau la semaine précédente.
Le week-end c'est le Moomba festival. C'est une fête qui dure trois jours et qui se termine le lundi de la semaine suivante, le Labour Day, qui est férié (le deuxième lundi de mars, férié pour beaucoup de gens mais bizarrement pas les étudiants - peut être parce qu'ils n'ont pas encore assez travaillé, je ne sais pas). Les festivités se déroulent le long de la Yarra river, dans un grand parc nommé Alexandra Gardens, au sud-est de Federation square, à la sortie du centre ville. Pendant les trois jours, il y a une grande compétition de ski nautique et toutes sortes d'activités (shows de BMX, trottinettes, trapézistes... et pompiers!). Au milieu de la zone, une grande tente qui accueille des concerts et tout autour, une grande fête foraine avec des manèges assez impressionnants. On y mange des twisto fries. Il s'agit d'une patate coupée en hélice, frite et saupoudrée d'épices. C'est pas mauvais du tout. On en avait déjà vu lors du St Kilda festival mais j'aurais parié que c'était sucré (et ben non). A mon avis ça aurait du succès en Belgique, à condition de fournir de la mayo en plus.
Le dimanche, il y a la compétition des birdmen. Ce sont des personnes un peu dingues qui se déguisent et qui tentent de voler au dessus de l'eau grâce à des ailes fabriquées par eux-mêmes. Le vol se résume généralement à un simple saut dans le vide et c'est à celui qui se fera le plus mal en dessous du plongeoir. C'était assez amusant à regarder et ça a eu beaucoup de succès.
Finalement, le lundi, on a décidé de ne pas aller travailler le matin pour pouvoir assister à la Moomba parade qui clôture le festival sur St Kilda Road. Ça ressemble à un carnaval de chez nous mais en beaucoup plus sage. Pas d'alcool, pas de chansons allemandes débiles, pas d'empoignades à cause des chiques volées aux enfants et la foule ne se fait même pas harceler par le cortège! C'est plutôt agréable et, grâce aussi au soleil, on passe une très bonne matinée.
La Moomba parade sur St Kilda Road
On rentre chez nous via le site du Shrine of Rememberance. C'est un monument qui fait penser à un temple grec qui est dédié aux morts de la première guerre. Le travail nous attend à Monash...
On commence à s'habituer à la vie ici... et même aux trajets vers l'université. Bien sûr, on loupe toujours autant de trams et de trains mais maintenant on prend ça avec philosophie comme des vrais navetteurs. Au final, on s'énerve moins et on n'insulte même plus les chauffeurs...
La deuxième semaine de travail pour nous est en fait la première semaine de cours pour les étudiants. Ils se sont bien amusés lors de l'orientation week la semaine précédente et les choses sérieuses commencent pour eux. Ça se voit d'ailleurs très bien le lundi matin. Il y a beaucoup plus de monde dans le 601, le bus qui fait la navette entre Huntingdale et Monash. Curieusement, ils n'ont pas l'air vraiment stressés. Il faut dire qu'il y a encore quelques activités prévues pour eux cette semaine histoire d’enrôler les derniers aux différents clubs et sectes de Monash.
Sandwich improvisé et gratuit
Blanche Neige, au second plan, est là pour nous rappeler
qu'il faut éviter d'en demander un deuxième.
Coté travail, j'ai passé mon week-end à terminer la révision de mon article pour IJNME. Ça m'aura pris plus de 5 jours en tout, pfff. Au début je pensais simplement ajouter quelques références et corriger un peu l'anglais mais finalement j'ai tout modifié et je crois que la version actuelle est vraiment mieux. J'espère que ça passera cette fois-ci... Pour l'envoyer aux éditeurs, ça n'a pas été simple. Je devais soumettre la révision avant le mardi 28/02 sur un serveur qui se situe aux Etats Unis (je ne sais pas trop où exactement). Je pouvais donc me permettre de l'envoyer à Jean-Philippe en Belgique le lundi soir (lundi matin en Belgique) et d'attendre le mardi matin (lundi soir en Belgique) ses dernières corrections pour le soumettre aux Etats Unis. Le temps que j'intègre les corrections et que je soumette, il serait aussi lundi soir là-bas. Cependant, comme j'avais eu la bonne idée de signaler à l'agence de location que notre sèche linge ne fonctionnait pas bien, le réparateur a voulu venir le mardi matin à l'appart pour régler le problème. J'étais donc obligé de soumettre la dernière version de mon papier à partir de l'appart via ma lamentable connexion GSM. Heureusement j'avais déjà envoyé toutes les figures sur le serveur la veille. Il restait donc à envoyer un dernier fichier de 3.4Mo, c'est-à-dire le manuscrit dans sa version finale... Et bien sûr... impossible... ça bloquait tout le temps. Après trois essais infructueux d'envoi direct, j'ai tenté d'envoyer le fichier sur mon PC en Belgique. Je me suis ensuite connecté sur mon PC belge avec le "bureau à distance" pour soumettre le dernier fichier comme si j'étais en Belgique... Cette solution a fonctionné et m'a épargné un aller-retour express à Monash. Ouf!
Le mardi, après le passage de Georges le plombier, on décide de prendre congé et de se balader en ville. On veux trouver notamment des chaussures. La paire que je porte commence à ne plus ressembler à rien et j'ai besoin d'une paire de chaussures de jogging pour recommencer à courir. On doit aussi aller prochainement au festival du film francophone avec mon prof. et je pense pas qu'on me laissera entrer, ni avec mes anciennes chaussures, ni avec des chaussures de course. Houda avait repéré sur internet le DFO (Direct Factory Outlet) de South Wharf. On y va donc à pied, à partir de Flinders station. Arrivé sur place, on trouve toutes sortes de magasins vraiment pas chers, c'est-à-dire des magasins avec des prix comme en Belgique, voire un peu plus chers mais pas le double.
Me voici bien équipé!... et pour seulement 200$,
c'est-à-dire le prix d'une seule chaussure à South Yarra.
J'ai pu essayer rapidement les chaussures de course en faisant un premier tour du parc en face de chez nous (en fait, plusieurs tours - j'ai préféré ne pas trop m'éloigner de l'appart sans carte ni GSM). Les chaussures sont un peu dures contrairement à celles que j'ai en Belgique mais je m'en contenterai ici. L'idée étant juste d'éviter de me détruire les genoux en courant sur le bitume. Depuis lors, j'ai agrandi le tour. J'en fais 3 d'affilée pour arriver à un peu moins de 10km par sortie. C'est presque tout plat et il n'y a qu'une seule petite route à traverser sur le chemin. J'ai l'impression que beaucoup de gens courent régulièrement ici, mais peu à mon rythme (~11km/h): soit beaucoup plus lentement, soit beaucoup plus vite. J'ai déjà quelques idées pour agrandir le tour. En continuant sur St Kilda Road, je peux arriver rapidement à la mer et courir le long de la plage. Il y aurait moyen de faire un tour de 10km assez facilement en contournant l'Albert Parc (le circuit de Francorchamps de Melbourne). Autre possibilité, se diriger vers le nord et longer la Yarra river jusqu'au centre ville. En prenant deux ponts, on peut alors passer à côté des courts de tennis utilisés pour l'Open d'Australie. C'est rigolo d'ailleurs parce qu'ils utilisent un dessin représentant Kim Clijsters pour faire la pub de l'événement. Elle est déjà très moche en vrai mais alors là ils l'ont vraiment pas loupée! Un monstre. Il y a aussi dans le coin un bâtiment bizarre (AAMI Park) qui est un stade utilisé pour la majorité des sports de ballon que je n'aime pas (principalement du rugby).
Le reste de la semaine, j'ai commencé à regarder le travail d'un des thésards que je suis à Monash. Il est coincé depuis plusieurs mois sur l'implémentation d'une routine modélisant un matériau composite. Son sujet m'intéresse assez bien et je pense être capable de pouvoir l'aider rapidement. Mon PC fixe n'est cependant pas encore installé et je suis donc réduit à faire quelques petits calculs avec Matlab pour essayer de retrouver les résultats de l'article de référence.
Le week-end, nous décidons d'aller aux Docklands. C'est Houda qui a repéré l'endroit. Il s'agit, comme son nom l'indique, de la zone près de l'eau située à l'ouest du centre. Il y a un centre commercial nommé Harbour Town. C'est une sorte d'outlet mais à ciel ouvert. Ça doit être agréable quand il fait beau... mais pas de bol, il drache quand on est sur place. On jette un œil aux différents magasins. C'est vraiment pas terrible. Pour couronner le tout, la bouffe sur place est soit très chère, soit infecte. Pour économiser, on choisit l'infecte: une sorte de cheese burger tout dégoulinant de gras avec des frites très mal cuites (voir photo ci-dessous).
En plus de vous retirer quelques jours de votre espérance de vie,
ce repas vous coûte aussi cher qu'un resto italien à Liège.
Faut dire que c'était ça ou le KFC... finalement, je ne sais pas ce qui est le pire....