samedi 25 février 2012

Première semaine de travail à Monash

C'est pas tout de chercher un logement et de s'amuser à dépenser nos sous dans les grands magasins (cf. billet précédent), on est ici avant tout pour travailler!

Jamais je n'aurais imaginé qu'il nous faudrait autant de temps pour trouver un logement et nous installer. Et heureusement qu'on ne reste pas qu'un seul mois ici: il aurait fallu préparer notre départ dès maintenant! J'ai d'ailleurs déjà bien rempli mon agenda du prochain mois de septembre avec tout ce qui ne faut pas oublier de faire: résilier tous les contrats (gaz, eau, électricité), terminer proprement le bail, envoyer l'éventuel excédent de bagage en Belgique par poste, rappeler à mon assureur belge de me renvoyer ma carte verte, chercher un hôtel pour les derniers jours en Australie... Ça va pas être triste... Je redoute également les jours, ou plutôt les semaines, qu'il va me falloir, une fois rentré en Belgique, pour rédiger les notes de débours. J'ai déjà environ 70 souches pour ces trois premières semaines!

Bon... n'y pensons plus et projetons-nous dans le passé, il y a une semaine, c'est-à-dire le week-end passé, moment où d'ailleurs j'ai décidé de démarrer ce blog.

Une des raisons qui m'a poussé à écrire ce texte et que je n'ai pas mentionnée dans mon premier billet, c'est que j'étais complètement coincé au niveau du dos. Mais alors complètement. Ça ne m'était jamais arrivé à ce point. Impossible par exemple de me pencher vers l'avant. Très difficile de lacer mes chaussures... un vrai handicapé!... et aucune idée de la cause. Est-ce dû au déménagement? J'ai pourtant l'habitude de faire du sport et je n'ai pas l'impression d'avoir fait des efforts physiques extraordinaires par rapport aux jours précédant le départ où je courais plus de 40km par semaine. Peut-être le stress? C'est vrai qu'au niveau stress, on a été bien gâté; mais ça aussi j'ai l'habitude. Bref, grâce à ce problème de santé, j'ai passé toute la journée du samedi et le dimanche matin à écrire les premiers billets. Samedi soir, papa m'a décrit par Skype un exercice de kiné miraculeux pour me décoincer et, après deux jours, c'était fini.

On en a rêvé pendant 1 an... Maintenant on y est!
Nous voici donc le lundi matin, tout frais (l'eau chaude fonctionne!), tout beaux (j'ai même mis une chemise et un pantalon pour faire un peu moins touriste) mais pas encore très conscients de la semaine chargée que nous avons devant nous. Premier choc: les transports. C'est bien beau de vouloir habiter près de la ville, il faut maintenant prendre les transports en commun pour aller travailler et on n'a vraiment pas l'habitude... Un fois sorti de la maison à 8:15, on court derrière le tram qui nous emmènera à la gare de South Yarra. Arrivé, on observe, impuissant, notre train partir sous nos yeux alors que nous sommes toujours dans la file des nombreux navetteurs qui tentent d'entrer dans le bâtiment en se bousculant. Il faut attendre le train suivant... qui est en retard... Il est déjà 8:45 et nous avons parcouru un peu moins d'un kilomètre depuis notre appart quand nous montons dans le train en direction de la banlieue de Melbourne. Le trajet dure environ 20min. On en profite pour regarder nos e-mails sur nos GSM et poster quelques commentaires sur facebook. Une fois à Huntingdale, un bus nous attend pour nous amener à Monash. Il est environ 9:15 quand on arrive au bureau.

C'est tard me direz-vous? Mais pas du tout! Les journées de travail sont courtes ici. La plupart des gens arrivent bien après moi et quittent à 16:30 avec un bon gros temps de midi entre les deux. A 18:00 quand nous partons, tout est fermé, désert, et il est même impossible de rentrer à nouveau dans le bâtiment une fois sorti! L'avantage, c'est qu'il n'y a personne dans les transports lorsqu'on rentre à la maison.

Chti cafééé?
Mon bureau est situé dans une grande pièce réservée aux visiteurs du département. Je suis avec deux Danois qui viennent du DTU, un Suisse de l'EPFL et un Espagnol de Madrid. Ils font une thèse ou un projet de master et ils ne parlent pas beaucoup. J'ai aussi un Chinois derrière moi mais à part quand il rote bruyamment, je ne l'entends jamais. Sur mon nouveau bureau, un PC qui n'est pas trop mal et sur lequel je pourrai avoir accès aux différents codes de calcul disponibles ici (Abaqus, Ansys, etc.). Un technicien est venu me le nettoyer (le clavier indien, le Yahoo indien et le dico indien ont été désinstallés) et le configurer pour moi. Néanmoins, je ne pense pas que je vais beaucoup l'utiliser; mon laptop est bien mieux et déjà tout installé. L'accès wifi est correct quoiqu'un peu lent par rapport à celui de l'ULg.

Dehors, c'est la nouba. Ça s'appelle l'Orientation Week. Des tentes sont montées sur la pelouse centrale et les étudiants fraîchement arrivés viennent s'inscrire à toutes sortes d'associations. Ça va du club de karaté ou mouvement d'extrême gauche en passant par la secte des adorateurs de Jésus Christ. Il y a moyen d'avoir des saucisses grillées et des boîtes de coca gratuites mais il ne faut pas avoir peur de la foule. Au milieu de tout ça, une grande scène avec un groupe de rock qui joue sans penser aux gens qui travaillent. Le temps est très agréable. Beaucoup de soleil.

Ça va...pfff, je bouffe une chique....
Le mercredi, je rencontre mon prof. qui me présente à deux de ses thésards. J'aurai l'occasion de travailler sur leurs projets au cours de mon séjour. Ils parlent vite mais j'arrive tout de même à comprendre ce qu'ils disent et je donne quelques idées concernant leurs recherches. Ils semblent apprécier.

Les jours s'enchaînent et on commence à s’habituer au rythme de la vie active ici, même si les deux heures de trajet quotidiennes sont assez pénibles. On n'a de toutes façons pas trop le choix. Le plus dur c'est quand, une fois rentré à 19:30, il faut encore aller faire les courses au Woolworths. On commence alors à préparer le souper une bonne heure plus tard... et puis vaisselle... (c'est quand même bien un lave-vaisselle, il suffit d'être éloigné du sien pour s'en rendre compte). Il est déjà 22:00 quand on peut enfin commencer à se relaxer et se distraire. Difficile dans ces conditions de se lever le lendemain avant 7:15. J'imagine que la routine va s'installer et toutes les corvées iront bientôt beaucoup plus vite. On pourra alors profiter vraiment de notre séjour.

vendredi 24 février 2012

Notre appart à South Yarra

Voici déjà plus d'une semaine que nous y sommes installés; je vais donc prendre un peu de temps pour décrire le superbe appart dans lequel nous allons vivre les huit prochains mois. Comme je le disais dans mon précédent billet, il est situé dans un très beau quartier au sud de la ville nommé South Yarra (à Liège, on dirait le 'Meuse-sud' et à Verviers le 'Vesdre-sud' mais ça sonne moins bien).

Notre quartier et le tram qui nous passe sous le nez tous les jours
Notre rue est vraiment très calme et on n'aura certainement aucun problème de bruit. Ça nous change de la Princess Hwy face au Motor Inn de Clayton, notre dernier hôtel, où certaines voitures tentaient chaque nuit de passer le mur du son. En face de la rue, un grand parc dans lequel j'irai certainement courir dès que j'aurai pris la peine d'alléger mon portefeuille des 200$ que coûte ici une vulgaire paire de chaussures de jogging. Les australiens y jouent au cricket, une sorte de base ball version british que je ne connaissais pas et qui, comme son homologue US, consiste pour la plupart des joueurs à rester très longtemps accroupis et immobiles pour observer les deux personnes au centre du terrain se lancer une balle.

Partie de cricket en face de chez nous - admirez le chapeau de l'arbitre.
A l'intérieur de notre appart, nous avons été surpris de trouver vraiment beaucoup de choses utiles. Le qualificatif "fully furnished" de l'annonce n'était pas exagéré et on a même dû jeter quelques trucs qui n'apparaissaient pas dans l'état des lieux. Parmi ces objets qui ont inauguré notre poubelle: des guirlandes et garnitures de Noël, une belle collec. de pots de yoghourt et un fer à repasser qui paraissait bien plus que son âge. Sinon, plus sérieusement, on a une belle machine à laver accompagnée de son ami le sèche linge, un grand lit et les draps (pas très frais) qui vont avec, une cuisine bien équipée avec couverts, couteaux, cuisinière au gaz, micro-ondes et l'indispensable grille pain. C'est le grand luxe. Dans le salon: grand canapé, table, chaises ainsi qu'une vieille TV et une chaîne stéréo qui a dû connaître les deux guerres.

Les premiers instants dans l'appart ont été un peu stressants parce que nous devions faire confiance à une société externe pour les connexions eau, gaz et électricité. J'avais déclaré la demande de raccordement par téléphone (pourquoi faire facilement par internet ce qu'on peut faire très difficilement de vive voix par téléphone?) et je n'aurais pas mis ma main à couper que la bonne femme au bout du fil avait encodé la bonne adresse... Pour l'eau, ça a finalement marché du premier coup mais le gaz et l'électricité ont pris un peu plus de temps à venir jusqu'à nous. Cependant, le lendemain du déménagement, on n'avait toujours pas d'eau chaude... et donc pas de lessive possible puisque notre magnifique machine à laver ne chauffe pas l'eau elle-même! Après quelques coups de fils supplémentaires, un plombier a été envoyé par l'agence pour régler ça. Lui aussi m'a traité directement de français... ça fait toujours plaisir. J'ai tout de même un peu discuté avec lui, histoire de m'entraîner. Je commence d'ailleurs à m'habituer à ne comprendre qu'un mot sur deux et j'arrive maintenant à répondre aux questions dont je n'ai pas compris le sens et pour lesquelles j'ai déjà demandé 3x de répéter. Je progresse...

Quand l’appétit va, tout va!
Sinon, une fois que tous ces petits problèmes d'emménagement ont été réglés, plus aucun souci! On a passé les deux premiers jours à tout nettoyer et à remplir les armoires avec les premières courses. Heureusement, nous avons un Woolworths pas trop loin et un tram (celui de la première photo) qui peut nous y mener. Même plus besoin de marcher! Au supermarché, c'est amusant, on a l'impression de vivre largement au dessus de nos moyens, un peu comme dans l’hôtel de la conf. à Puerto Rico. Un petit exemple: bilan du premier passage au Woolworths: 176$ sur le ticket de caisse (environ 150€) et on a eu aucun problème pour tout transporter à pied jusqu'à l'appart. A vue de nez, les prix sont environ 1.5x à 2x plus élevés qu'en Belgique. Pour l'alcool, le facteur monte facilement à 5 et pour le café moulu, il atteint sans forcer 10. Rien que pour rire: un petit dago à l'univ vaut 12$ (~10€). Tu prendras bien une canette de coca avec ça? (4$ = 3.3€ - oui, je parle bien d'une canette et pas d'un jerrican!). Allez, soyons fou,  terminons par un chti mars comme dessert (2.8$ seulement au distributeur).

La preuve!

Enfin, on peut pas se plaindre. Même la nourriture nous semble bonne une fois le prix oublié. Le pain, par exemple, qui est identique à celui de Birmingham et qui paraît tout droit sorti de chez Tricatel me plaît plutôt bien malgré son épaisseur de 2cm par tranche et sa particularité de moisir au lieu de sécher. J'ai retrouvé aussi les biscuits "Kingston" que je dévorais l'année passée à Sydney sans pouvoir m'arrêter (voir la pub en vidéo ci-dessous).


Et les steaks de kangourou sont très bons et pas chers! Faut juste s'adapter et ça ira...

samedi 18 février 2012

A la recherche d'un logement

Le premier samedi, nous rencontrons Sue. Elle nous propose de nous faire visiter le lendemain, dans sa belle voiture, les différents quartiers de Melbourne pour qu'on puisse se faire une meilleure idée des possibilités qui s'offrent à nous pour le logement.

Devant l'Hotel Mercure à Little Bourke Street
Selon elle - et elle nous l'a répété plusieurs fois par e-mail déjà avant notre départ - il ne faut pas chercher un logement proche de l'université (à Clayton). D'après elle, c'est une zone assez moche qui se trouve entre une zone industrielle au nord et une zone assez pauvre au sud. Après avoir vu par moi-même l'endroit en question, je dirais plutôt que c'est une zone "vide" mais plutôt jolie, idéale pour quelqu'un qui a une voiture et qui veut avoir la paix, seul chez lui. C'est vrai que mis à part des maisons, il n'y a rien. Pas de magasins, pas de facilités et la zone est complètement oubliée par les transports en commun durant le week-end et en soirée, après les heures de travail. Sinon, ce n'est pas moche. Ça sent même très bon l'eucalyptus partout, c'est très agréable. Le seul problème c'est qu'il faut obligatoirement une voiture pour se déplacer. Même dans l'optique de travailler tous les jours, week-ends compris, on aurait des gros problèmes pour aller faire les courses à pied et on n'économiserait donc finalement pas un abonnement de bus. Vu le système de "zones de transport" de Melbourne, ce serait même plus cher de vivre à Clayton que de vivre en ville: le supermarché de Clayton est en "zone 2" alors que la ville est en "zone 1" et l'univ en "zone mixte"! Vivre en ville et aller à l'univ. en train ne demande donc qu'un abonnement d'une seule zone alors que vivre à Clayton nécessite les 2 zones pour aller de temps en temps en ville.

Bref, si un abonnement de bus-tram-train est indispensable, autant alors regarder un bel endroit le long de la ligne de train qui mène de la ville à l'université. Plusieurs choix sont possibles:
  • Le centre ville: très pratique mais quand même beaucoup plus cher qu'ailleurs. C'est aussi la solution la plus lointaine qui va donc nous pousser à travailler seuls à l'appart. On ne rencontrera donc personne... un peu dommage... Difficile aussi de résister à la tentation de la ville qui est vraiment très active et très dynamique, aussi bien en journée que le soir.
  • Richmond: première banlieue au sud-est du centre de Melbourne. C'est presque le centre ville. On peut d'ailleurs aller à Melbourne CBD à pied sans problème. Beaucoup de magasins/restos pas trop chers.
  • South Yarra: comme son nom l'indique, au sud de la rivière "Yarra", juste après Richmond en direction de l'univ. C'est un quartier très chic. Avantage: c'est très propre, très calme, très luxueux. Inconvénients, ben c'est très cher et un peu snob. Loyers comparables à ceux du centre ville, voire plus chers. Évidemment, c'est pas là par exemple qu'on va trouver des supermarchés chinois pour acheter ce qui nous manquera dans notre appart...
  • Entre South Yarra et Caulfield: c'est une zone meilleur marché parce qu'on commence à s'éloigner de la ville. Petit inconvénient: beaucoup de trains "express" ne s'arrêtent pas à ces gares intermédiaires et font South Yarra - Caulfield d'un seul bond!
  • Caulfield: c'est le premier arrêt en dehors de la ville qui est vraiment intéressant au delà de South Yarra. Caulfield abrite le second campus de Monash University à Melbourne. Il y a des magasins tout autour de la gare. Beaucoup d'étudiants aussi, donc peut-être pas très calme.
  • Oakleigh: un peu plus loin que Caulfield en se dirigeant toujours vers l'univ. Là aussi, une gare entourée de rues commerçantes. Le centre commercial géant Chadstone n'est pas très loin, un peu plus au nord, accessible facilement par bus.
  • Huntingdale: c'est l'endroit où on s'arrête avec le train pour prendre le bus et faire les deux derniers kilomètres en direction de l'université. Avantage de cet endroit: plus besoin de prendre le train pour aller à l'univ. Inconvénient, c'est un tout petit bled paumé, avec quelques magasins tout de même.
  • Clayton: j'en ai déjà parlé - la rue principale est pratique avec plein de magasins chinois très bon marchés et deux grands supermarchés Coles. En habitant là, je crois qu'on reviendrait parfaitement bilingue français-chinois à la fin du séjour, mais c'est pas vraiment le but... Cependant, gros inconvénient, on est ici en zone 2 pour les transports. Un aller/retour au centre ville nous coûte environ 11$!
Sue nous a également montré d'autres coins bien plus loin, en zone 2. "Quitte à être en zone 2, autant être dans une zone intéressante, encore plus loin de la ville, mais avec toutes les facilités", nous disait-elle. Ça ne m'a pas vraiment convaincu.

Voilà donc le topo en début de semaine 1. J'ai maintenant une vue globale très claire de la situation grâce à Sue. On peut dire sans hésiter que son aide aura vraiment été très précieuse, d'une part, pour le choix de la localisation du logement, mais aussi d'autre part pour l'acceptation de notre candidature auprès de l'agence immobilière puisqu'elle nous a aussi permis de la mentionner en tant que "référence" dans notre dossier (j'en parle plus loin).

D'autres arguments viennent s'ajouter à la liste de choix d'emplacements ci-dessus. Le large choix énoncé ci-dessus est en fait un leurre et la liste de résultats de recherche diminue vite. En effet, nous avons des critères plus ou moins importants à respecter dans notre recherche de location:
  • "appartement" (ou "unit" comme ils disent ici) plutôt que "shared accommodation". l'expérience des Indiens qui chantent tous les jours à 4h du mat' à Birmingham ne m'a pas appris à rester calme lorsque je vis en communauté. Bien sûr, ça peut être enrichissant, c'est vrai, mais ça peut être aussi une belle source d'emmerdes au quotidien. Autre problème plus pratique: le contrat de bail risque de ne pas être très clair puisqu'il est partagé et vu les montants des loyers ici, on ne peut pas se permettre d'avoir un problème de justificatifs pour le remboursement par les bourses en Belgique. Bref, ce critère supprime environ 70% des annonces du site. Ça élimine aussi la majorité des logements dans des endroits visés par les étudiants (Caulfield, Huntingdale).... et, accessoirement, ça double le loyer moyen des résultats de recherche...
  • "furnished" (meublé): si on peut éviter d'acheter un lit, une table et des chaises, c'est quand même beaucoup mieux; surtout que ça risque de ne pas passer en note de débours (à moins de ramener tout en Belgique). Avec ce critère, on supprime 95% des annonces...
  • "short-term lease" (bail de moins d'un an): la plupart des baux sont d'un an minimum. Avec un loyer moyen entre 300 et 400$ par semaine, ça fait une sacrée somme à payer si on quitte 4 mois plus tôt. Somme qui, encore une fois, aura du mal à passer sur la note de débours dans le cas improbable où on aurait pas déjà dépensé la totalité de nos subsides. Bien sûr, il y a moyen de casser le bail mais je n'ai pas envie de passer le dernier mois du séjour à jouer à l'agent immobilier pour trouver un autre locataire.
Ajoutons à ça qu'il faut aussi être à proximité des transports et de supermarchés tout en restant dans une fourchette de prix compatible avec nos revenus (c'est-à-dire largement inférieur au prix de l'hotel!).

Finalement, malgré tous ces critères, et après avoir passé plusieurs heures à s’énerver sur internet pour éplucher les annonces, il reste quand même quelques annonces sur la page de résultats de realestate.com. Mais évidemment pas des dizaines... Tous gérés par des agences; ce qui n'est pas plus mal puisqu'on cherche des justificatifs clairs.

Nous avons sélectionné l'annonce pour laquelle il était possible d'aller à l' "inspection" (la visite obligatoire, organisée par l'agence) au plus vite; c'est-à-dire le jour même. L'appart est situé à South Yarra. Il est meublé (cuisine, living, chambre et salle de bain), bail de 8 mois possible si on accepte un supplément de loyer.
La visite s'effectue avec le gars de l'agence immobilière ainsi que deux autres candidats potentiels: un Indien et un homme avec un accent russe (du moins, c'est comme ça que parlent les méchants dans James Bond). Visiblement l'appart ne convient pas au Russe et l'Indien ne prononce pas un seul mot durant la visite. Ça me met plutôt en confiance. Je demande donc directement à l'agent comment louer cet appart puisqu'il nous plait. "Tout se fait online", me répond-il, "...avec le formulaire ad-hoc... et la décision est prise dans la journée"... A trois jours près, il avait raison!

Le lendemain, depuis l’hôtel, je complète donc le fameux formulaire en ligne de candidature ("online application form"). Sue m'avait dit de me présenter comme "Docteur" puisque j'en suis un. Contrairement à la Belgique, ça pourrait jouer en notre faveur. Elle nous a dit aussi qu'on avait la chance d'avoir la bonne couleur de peau face aux autres candidats potentiels (c'est pas très joli mais c'est comme ça - mieux vaut être Européen qu'Indien en Australie - un chauffeur de taxi nous l'a confirmé).

En gros, dans ce formulaire en ligne, il faut tout déballer sur sa vie, jusqu'à expliquer quand et pourquoi on a quitté nos parents, avec indication du numéro de téléphone de ceux-ci au cas où l'agence voudrait vérifier! Heureusement, j'ai tous mes documents de visa scannés avec moi et il ne m'est pas trop difficile d'atteindre les 2x"100 points" nécessaires à notre identification (un scan du passeport vaut 50 point, un extrait bancaire vaut 10, au extrait d'acte de naissance 10, un certificat de mariage 10, etc.). Sans ces scans, je ne sais pas comment j'aurais fait! Il faut aussi donner 3 personnes de "référence" qui vivent en Australie et qui ne sont pas de la famille; c'est-à-dire des personnes à qui l'agence peut téléphoner pour demander confirmation des détails du dossier (et ils le font!).

Le dossier envoyé, je reçois un premier coup de fil de l'agence dans l'après-midi me disant que je dois remplir également un dossier de candidature pour Houda (en me mentionnant cette fois comme conjoint). C'est vraiment débile puisqu'elle apparait déjà dans mon dossier comme conjoint. Et hop, c'est reparti, je recommence le remplissage du formulaire. Le site web me demande a ce moment si je veut payer 10$ (!) pour qu'il remplisse le formulaire à ma place avec les infos précédemment entrées... Stoïque, je réponds "va te faire foutre" en cochant la case "non" et je prends mon mal en patience... Je commence à comprendre la raison du second dossier...

Le lendemain, pas de news de la candidature mis à part tard le soir quand je reçois un nouveau coup de fil d'un autre agent. C'est celui qui nous a fait visiter l'appart. Il me demande si je suis toujours intéressé par la location et, si oui, pourquoi je n'ai pas rempli le formulaire! Aargl. Mais c'est quoi ce système pourri?? Je lui dis que je l'ai fait... mais, bien sûr, il n'a pas de traces de son côté à l'agence!

Le lendemain, je le rappelle et il me dit que ça va, il a enfin trouvé mon dossier mais pas celui de Houda... Finalement, après beaucoup de stress (le week-end approche), une dame nous téléphone à 18.00 le soir même, pour nous dire que le dossier a été accepté! Ouf! Un peu désespérés, on avait déjà prévu de nouvelles visites d'apparts pour le samedi histoire de ne pas perdre notre temps et on n'est pas fâché de les annuler. Le premier loyer est payé directement par VISA par téléphone et il ne reste plus qu'à payer la caution le lundi matin pour obtenir les clefs.

Déménagement possible dès le mardi matin!

Premiers moments au centre ville

Réveil le matin très tôt, le matin du premier jour. Je suis vraiment très fatigué, mais je n'ai pas vraiment l'envie de dormir. Et il y a tant de choses à faire!! Un peu stressé aussi: chaque nuit ici à l’hôtel nous coûte un peu plus de 100€. On n'est donc pas ici en touristes. Il faut trouver un appart au plus vite et je sais déjà que ça va être une belle galère...

Petit déjeuner australien à l'hôtel Mercure.
Oublions ce problème un instant et prenons notre premier petit déjeuner sur le territoire australien. Pas de croissants, ni pains au chocolat, ici. Au mieux, du pain chimique, comme en Angleterre, plus ou moins immangeable s'il n'est pas grillé. En fait, on s'y attendait, on a déjà subi ça à Birmingham et l'année passée à Sydney. Il faudra juste changer nos habitudes et arrêter de penser manger comme en Belgique. J'aime encore bien le bacon grillé et les haricots en sauce avec les oeufs brouillés, donc finalement ça va. Ils proposent aussi des fruits pas trop mauvais et du Nutri Grain. Ce sont des céréales Kellogg's qui sont assez bonnes et que je n'ai jamais vues en Belgique.

Je teste aussi directement la vegemite dont on parle beaucoup sur le web et dans les guides touristiques (le petit récipient jaune sur ma tranche de pain, sur la photo ci-dessus). C'est une pâte à tartiner très salée, faite à base de levure de bière.... Les Australiens en raffolent et j'ai cru naïvement que j'allais arriver à avaler ça le matin du premier jour. J'ai tout de même réussi à mordre 2x dans la tartine mais le deuxième essai a eu raison de ma pulsion d'aventurier. Je croyais que j'étais capable de tout manger... et bien non, ce sera "tout sauf la vegemite" à partir de maintenant... Je n'ai jamais lèché un paillasson sale mais ça doit avoir plus ou moins le même goût.

Après ce repas, la première chose à faire est donc de trouver un logement. Pour cela, il faut, d'une part, pouvoir téléphoner aux agences et donc avoir une carte SIM australienne et, d'autre part, avoir un compte bancaire australien au plus vite pour pouvoir sortir une grosse quantité d'argent pour la caution de l'appart et le premier loyer. Pour la banque, j'avais lu sur le web qu'il est souvent demandé d'avoir une adresse en Australie... C'est donc le serpent qui se mord la queue. En Belgique, je m'y étais préparé et j'avais repéré une agence bancaire située à l'intérieur de l'université où on va travailler. Elle devrait pouvoir se satisfaire de nos invitations officielles et nous "domicilier" dans nos futurs bureaux.

Pour la carte SIM, j'avais été conseillé avant le départ par Sue, l'amie de Raquel. Il y a "Telstra" (cher mais très bonne couverture), "Optus" et "Vodafone" (moins chers, mais couverture moins bonne). Vu qu'on ne compte pas quitter la ville dans un futur proche, on élimine directement Telstra. En cherchant dans les boutiques Vodafone et Optus à proximité de l’hôtel, je me rends compte rapidement que toutes les offres prépayées sont quand même extrêmement chères par rapport à ce qu'on peut trouver en Belgique. Le gros problème, c'est qu'elles sont toutes limitées dans le temps. Il n'est donc pas possible d'acheter une carte à 5$ et de garder son crédit 8 mois en rechargeant uniquement quand on en a besoin. Le crédit minimum est assez élevé (généralement 30$) et il est généralement valable 30 jours (la seule offre à 10$ que j'ai trouvée donnait droit à une seule semaine de crédit!). Heureusement, en passant au Woolworths du coin, je repère une promo assez intéressante: recharge de 30$ pour 500$ d'appel valables 45 jours et en prime.... 5Go d'internet! Au moins, si on ne téléphone pas beaucoup, on utilisera tout de même l'accès internet proposé et on n'aura pas l'impression de payer pour rien. Ça m'évite aussi de chercher des hotspots wifi gratuits (on l'a fait les deux premiers jours - c'est gratuit, mais on comprend vite pourquoi...).

En fait, ici en Australie, la plupart des gens ont un smartphone avec un accès internet 3G. Dans les trains et le bus, un passager sur deux a donc les yeux braqués sur son téléphone en permanence (les autres téléphonent!). Ils ont une "avance technologique" sur nous à ce niveau là. En Belgique, pour 30$/25€ je ne sais pas ce qu'on a en termes de communications 3G mais ça ne doit pas être grand chose. Pour moi, le problème, c'est qu'avec cet abonnement de 5Go, je vais très vite m'habituer à avoir mon GMail, mon agenda, facebook et un GPS dans la poche. De retour en Belgique, il faudra certainement s'en passer... Certainement la même sensation que d'arrêter WoW: satisfait mais un peu en manque tout de même!

Le problème du téléphone est donc résolu, du moins pour les 45 prochains jours. J'ai même résolu le problème "internet" qui était caché beaucoup plus loin dans ma liste de tâches.

Étape suivante: "entrer en contact avec l'université" et, en particulier, avec le prof qui m'invite. Je pourrais envoyer un SMS ou un mail mais je me dis qu'il y a une chance sur deux qu'il ne me réponde pas, ou que j'attende 2 jours (à 100€) avant d'avoir sa réponse. L'idée de téléphoner dans le bruit à un inconnu "native speaker" ne m'enchante pas trop. Je ne l'ai presque jamais fait et ça me semble être un peu comme le jeu de la roulette russe: soit la personne au bout du fil a un accent du type "Queen's English" et c'est gagné, soit il parle comme Crocodile Dundee et c'est foutu!...

Bref... onze heures le matin... à Federation Square en face de la gare (initialement pour son wifi gratuit). Je trouve un endroit calme et je me lance, armé de mon gsm et sa nouvelle SIM... "Hello, This is Romain, your visitor from Belgium..." ... ... Ouf! Je comprends ce qu'il dit! Il a l'air de me comprendre aussi. La balle de la roulette russe n'est pas partie et je suis toujours vivant! Le professeur me fixe un premier rendez-vous en ville le lendemain à 14.00 "pour un café" (aïe, ça veut dire quoi?). Je téléphone aussi à Sue pour dire que nous sommes bien arrivés. Je tombe sur le répondeur de Sue et j'espère qu'elle nous recontactera.

Après ces deux coups de fil, je me sens en pleine forme! Les choses avancent! Je vais enfin pouvoir profiter du reste de la journée avec le sentiment d'avoir progressé un peu. On visite alors les alentours (le Queen Victoria Market), je récupère aussi quelques cartes de la ville à l'office du tourisme et on se repose un peu...

Le lendemain, après l'achat du forfait mobile au Woolworths, je rencontre mon professeur et son amie. Ils nous invitent à manger un bout dans une petite rue, près de Flinders Station. On avait malheureusement déjà mangé vu qu'on pensait qu'il s'agissait d'un simple café. Pas grave... Je prends une bière et, un peu surpris, ils m'accompagnent. Ça ne doit pas être courant de boire de l'alcool au milieu de la journée ici.

Première impression: ils sont vraiment très très sympas et semblent ravis de nous rencontrer. On parle tout d'abord de nos deux projets de travail à Monash pour les huit prochains mois. Je vais encadrer des PhD students dans leur travail quotidien et il serait peut-être même envisageable que je donne un "tutorial" sur Abaqus. C'est parfait; je n'aurais pas rêvé mieux. Je suis très à l'aise là dedans et ça me permettra de me concentrer sur mon anglais en interagissant avec des étudiants. Le professeur me dit qu'il est actuellement incapable de se payer une personne comme moi vu mon salaire (du moins, vu le salaire que j'aurais ici si je travaillais à Monash - c'est différent) et que ma visite est donc très profitable pour lui. Ça me rassure beaucoup puisque j'avais tout de même l'impression jusque là de m'être un peu "imposé" comme visiteur dans son labo. Sa compagne est également très gentille. Elle est prof de littérature dans une école secondaire à Melbourne. Ils nous conseillent pour la recherche d'un appart et nous disent de prendre le temps pour trouver quelque chose de bien loin de l'université! Ils proposent également de nous voir lorsque nous seront installés.

J'ai tout de même du mal à me relaxer. Rien que penser au futur appart me met dans un état d'angoisse pas possible parce que je m'imagine très bien la complexité de la recherche qui nous attend dans les prochains jours... J'ai donc du mal à me projeter au delà de cette recherche. Je me dis que c'est une grosse épreuve à passer, un peu comme un examen. Si on la loupe, on va se retrouver dans un truc tout pourri pendant 8 mois. L'enjeu est donc de taille...

Arrivée en Australie

Le voyage "aller" Zaventem-Doha-Melbourne s'est relativement bien passé. Très très long... évidemment... (plus de 22h), mais les avions de Qatar Airways sont vraiment très confortables. Peut-être encore mieux que ceux d'Ethiad qu'on avait pris l'année passée pour Sydney.

L'intérieur de l'avion avec le navet de Spielberg à l'écran

Comparé au voyage à Puerto Rico qu'on avait fait avec American Airlines quelques semaines auparavant, c'est vraiment le grand luxe!!: avions beaucoup plus modernes, sièges beaucoup plus larges, écran multimédia pour chaque passager et de nombreux repas tout le long du trajet. Je refuse même le dernier plateau repas tellement j'ai mangé. Grâce aux pauses repas et à la TV, on n'a pas  trop le temps de s'ennuyer. Je regarde quelques films sur mon petit écran: "Tintin" de Spielberg (vraiment pas terrible, à la limite du très mauvais),"Real Steel" (des combats de robots - pas très fameux, mais distrayant tout de même), "la guerre des boutons" (j'ai tenu péniblement jusqu'à la moitié du film avant d'attraper moi-même des boutons - extrêmement mauvais) et enfin la trilogie des "Paranormal Activity" (films d'horreur assez bien faits qui ont compensé tous les autres films). Je termine la séance cinéma par le très bon "Alien 2" que je n'ai plus vu depuis bien longtemps.

Ça me rappelle mes débuts en programmation LOGO

Le changement à Doha s'est plutôt bien passé mais on n'a pas eu une seule minute de répit. L'avion a atterri en retard, après une longue période d'attente dans le ciel à cause du trafic (voir les belles pirouettes qu'on a faites sur l'image ci-dessus). Il faut dire qu'il n'y a qu'une seule piste d'atterrissage et que tous les vols de Qatar Airways passent par cet aéroport! Finalement pas de problème pour la correspondance: en effet, puisque tous les avions sont gérés par la même compagnie, ils s'attendent l'un l'autre et les retards sont répercutés sur le vol suivant... On part donc avec le même retard qu'à l'atterrissage.

Arrivée à Melbourne avec 30min de retard, un peu avant minuit. L'aéroport est quasi vide et le passage à la douane se fait les deux doigts dans le nez. Là encore, en comparaison avec notre transit à New York début janvier, ça nous change... Même pas besoin de montrer le visa grâce à nos passeports électroniques.

Première tâche: trouver un distributeur d'argent (ATM) pour pouvoir payer le taxi qui va nous conduire à l’hôtel. Pas de navette directe vers l'hotel à cette heure-ci. Évidemment, pas moyen de trouver un ATM "Westpac" pour lequel on n'a pas de frais en tant que clients BNP Paribas en Belgique. Tant pis. Le trajet en taxi nous coûte 50$ et nous amène devant l'hôtel Mercure Welcome Melbourne à Little Bourke Street, en plein centre ville.

Première impression de Melbourne: c'est très calme la nuit. Les rues sont toutes perpendiculaires entre elles et le centre ville n'est pas très grand. Il faut dire que j'ai étudié la carte sur google maps en mode "street view" pendant des heures avant de partir. J'ai l'impression d'être déjà venu. Je repère d'ailleurs notre hôtel avant le taxi-man!

L’hôtel a l'air bien et on est accueilli en français après s'être présenté en anglais à la réception. Une belle gifle en pleine figure dès notre arrivée: "vous les Français, on vous a reconnus!" (et ça continuera par la suite...)

Mais la nuit va être courte, malgré le lit très confortable du Mercure et l'environnement calme (à condition de couper clim' et frigo!). En effet, à 4h du mat', me voici réveillé comme en plein milieu de la journée!... Vive le décalage horaire!

vendredi 17 février 2012

Un journal de bord électronique

Nous voici déjà depuis deux semaines en Australie! Incroyable!

Vue de Melbourne depuis Southbank.

J'ai l'impression d'avoir fait tellement de choses depuis notre arrivée ici que je pense que ça vaut la peine de mettre tout ça par écrit. Je tenais bien des "journaux de bord" quand je partais en vacances avec les parents lorsque j'étais petit et je les relis régulièrement avec beaucoup de plaisir.

Je n'ai jamais créé de blog non plus; c'est l'occasion de mieux comprendre comment ça marche. En fait, la chose qui me fait le plus peur à propos des blogs c'est de perdre d'une manière ou d'une autre le texte que j'ai mis des heures ou même des jours à écrire... Mais bon, à l'heure d'Internet, je ne vais tout de même pas sortir un bloc notes et un stylo pour rédiger!! "Blogger" est le système de blogs de google. Ça ne peut pas être mauvais et ça doit être fiable... On verra à l'usage...

Pour ce blog, je ne sais pas si j'aurai d'autres lecteurs que moi-même mais, même dans ce cas, ça me permettra de me remémorer des moments qui, à mon avis, seront vraiment extraordinaires. C'est du moins ce que tous ceux qui ont séjourné dans ce pays racontent.

Alors... que le récit commence!