dimanche 23 septembre 2012

L'heure du bilan

Nous voici pile-poil une semaine avant notre retour en Belgique. C'est peut-être un bon moment pour dresser une petite liste de ce qui nous a plu/déplu ici en Australie. On est souvent tenté de comparer la vie qu'on mène ici à celle qu'on connait bien en Belgique. On pourrait même aussi se demander si vivre ici à long terme serait agréable. Il y a tellement de gens qui rêvent de s'expatrier en Australie... Je vais donc essayer de comparer l'Australie et la Belgique sur différents points (de manière tout à fait subjective) et en évitant les banalités sur les jolis koalas et les délicieux kangourous.
Chacun pourra faire alors son propre bilan à la fin du billet en fonction de ses goûts.

L'argent et les prix
C'est sans conteste la chose qui doit étonner le plus un Belge qui débarque en Australie. Les prix sont abominablement élevés. Tellement élevés que ça en devient parfois ridicule. C'est le cas du logement. Un petit exemple: notre loyer, sans les charges, est de 1750$/mois, c'est-à-dire un peu moins de 1500€, à comparer aux 500€ qu'on paye en Belgique pour un endroit bien plus confortable. Bien sûr, le fait que le dollar soit très fort actuellement vis-à-vis de l'euro ne favorise pas l'Australie sur ce point. En effet, il y a deux ans, à l'époque où on est parti à Sydney, ce même loyer nous aurait "seulement" coûté 1200€! Fameuse différence. Mais, tout de même, ça reste très cher.
Les salaires ont l'air d'être adaptés en conséquence (voir ici ceux de Monash - on arrive vite à plus de 100.000$/an). C'est donc, au moins, le double voire le triple de chez nous. En dehors de l'université, c'est difficile de savoir ce que gagnent les gens. A Monash, je crois qu'un PhD étudiant reçoit 2500$/mois net via les bourses de doctorat; ce qui est juste un peu plus que ce qu'on peut gagner en Belgique pour le même statut. Comment fait cet étudiant pour vivre avec cette somme "misérable" dans ce pays? Et bien, c'est simple: il fait des petits boulots après journée, il vit chez ses parents ou en groupe avec des colocataires. Il doit aussi faire des choix: aller au cinéma toutes les semaines devient vite un vrai investissement (25$ par personne sans les lunettes 3D). "Acheter un livre (25$) ou manger", telle est la question. C'est cher la culture.
Ces deux pièces ne valent pas la même chose
mais elles vous donnent le même pouvoir
d'achat dans leurs pays respectifs :)
Au final, pour beaucoup de produits, il est pas inutile de regarder les prix à l'étranger et de les acheter par internet. Dans de nombreux cas, le prix augmenté du coût du transport reste bien inférieur au coût dans un magasin australien. J'ai été par exemple très étonné d'apprendre que le pain bon marché du Coles (le Delhaize local), annoncé fièrement comme "cuit sur place", est en fait du pain fabriqué en Irlande (!), importé par bateau, décongelé et.. en effet.. cuit en Australie. Grâce à ce stratagème, Coles vend son pain à 2$ la baguette au lieu des 4$ d'une baguette australienne pure souche. Pour les livres, c'est une catastrophe puisque les librairies ferment les unes après les autres. Elles n'arrivent pas à concurrencer Amazon.
Autre truc surprenant pour un Belge: l'université, via ses magasins, essaye de faire un maximum profit sur les étudiants. A Monash, acheter une boîte de coca (2.5$) ou un Mars (3$) coûte un pont alors que ces deux produits coûtent moins d'un dollar en grande surface. Drôle de mentalité.
Les conséquences sur notre quotidien sont simples: les Belges moyens que nous sommes ont l'impression de vivre comme des réfugiés provenant d'un pays du tiers monde qui débarquerait en Europe. Quand on s’achète un pain au chocolat (4$), c'est la fête parce qu'on sait bien qu'on en achètera pas tous les jours ni même toutes les semaines. Et même si on se raisonne un peu en se disant que, finalement, on a suffisamment d'argent pour s'acheter tout ce qu'on veut ici en puisant dans nos économies, ça fait quand même mal au ventre de payer si cher pour obtenir si peu.
Quand on parle de ça avec les Australiens que nous avons rencontrés, ils disent que, c'est vrai, la vie est chère mais que les salaires sont plus élevés qu'ailleurs... Moi, j'ai tout de même l'impression que leur pouvoir d'achat est largement plus faible que le notre en Europe. Je n'ai vu personne offrir une tournée au café par exemple. Ben oui, logique, à 9$ la bière pression, ça fait un peu cher la tournée, surtout si certains s'amusent à prendre des bières spéciales en bouteille (15$) ou un verre de vin (10$ à 20$ la piquette du coin). Il faut être riche pour être vraiment saoul ici! Et la bière belge? Pas beaucoup plus chère que la bière australienne. D'ailleurs la bière de l'Aldi la plus cheap est de la Stella importée de chez nous!
J'ai été surpris d'apprendre qu'il y a seulement deux fois plus d'Australiens en Australie que de Belges en Belgique! On comprends assez vite d'où provient toute cette richesse quand on sait également que toutes ces terres sont de vraies mines d'or. Si le monde entier vivait dans un espace aussi peu peuplé et aussi riche que l'Australie, le problème de surpopulation mondiale directement serait résolu!
L'idéal serait donc d'avoir un salaire australien et vivre en Europe... ou peut-être simplement un salaire belge et vivre en Europe?
Pour conclure ce premier point de comparaison (parce que je pourrais écrire 10 pages d’exemples sans problème), voici une petite phrase entendue ici lors d'une conversation sur l'argent: "J'ai un ami en Europe, pour son premier travail, on lui offrait 2000€ net par mois! Vous imaginez? Mais comment est-ce possible de vivre avec ça?". Je trouve que ça illustre bien le décalage entre les deux pays.

L’environnement, la nature et les animaux
L'Australie, ses atouts principaux, ce sont incontestablement les grands espaces, la nature et les animaux,... En effet, c'est vraiment un pays extraordinaire à ce niveau. Les explorateurs en herbe, amateurs de paysages, de randonnées ne peuvent être que comblés. Tout est vraiment très beau. Le pays est gigantesque et vraiment très peu peuplé. Ça sent bon l'eucalyptus à tous les coins de rue et ce sont des magnifiques perroquets qui nous chient sur la tête au lieu des affreux pigeons belges. Question climat, malgré l'hiver plutôt froid (qui pourrait facilement être supporté avec une bonne isolation et un chauffage correct, ce dont nous n'avons pas bénéficié), il fait vraiment très beau par rapport à la Belgique. Les jours de pluie sont peu fréquents et quand il y a du soleil, ça chauffe bien (peut-être même trop vu le trou de la couche d'ozone situé juste au dessus). En tout cas, même en plein hiver, j'ai réussi à bronzer!
J'apprivoise des émeus
Question nature, voyages et découvertes, nous n’avons pas beaucoup expérimenté tout ça lors de notre séjour ici. Nous avons uniquement été quelques fois en excursion (Great Ocean Road, Phillip Island, Ballarat, Dandenong) et ça nous a chaque fois bien plu (mis à part peut-être la plage à pingouins de Phillip Island). Je crois que pour vraiment visiter l'Australie et profiter de la nature, il faut obligatoirement  acheter une voiture - ce que nous n'avons pas fait - et ne pas avoir peur de rouler loooooongtemps. Personnellement, je suis peut-être bizarre, mais ça ne me tentait pas du tout de rouler ici. Ce choix a évidemment eu de lourdes conséquences sur notre vie en termes de mobilité. Les transports publics à Melbourne ne sont pas mauvais au centre ville mais il devient vite indispensable de prendre l'avion pour aller dans une autre ville. Sydney est à 1000 km par exemple. Dès qu'on s'écarte de la ville, c'est vraiment la rase campagne, la brousse ou le désert, au choix. C'est peut-être très beau et très calme mais aussi très vide et très dangereux.
L'Australie est connue également pour ses animaux emblématiques (koalas, kangourous et autres wallabys etc.) et pour ses animaux mortels ("les 10 serpents les plus dangereux sur terre sont tous australiens", c'est une phrase que les guides touristiques aiment répéter). Pour les premiers, on a pu en voir en liberté en plein milieu de nulle part lors de nos excursions. C'est vraiment une expérience incroyable. Pour les seconds, on n'en a pas vu un seul (dans un sens, heureusement). Pas une seule araignée mortelle à l'horizon, pas un seul serpent venimeux. Et puisqu'on n'a pas été dans l'eau, on n'a pas pu rencontrer les crocodiles et requins mangeurs d'homme, ainsi que les méduses empoisonnées.
Bref, côté nature, il est indéniable que l'Australie marque des points face à la Belgique. Laissons lui au moins ça.

La ville
En ce qui concerne l'agencement de la ville, Melbourne est assez bizarre pour un Européen. Première chose qui frappe c'est qu'il n'y a pas vraiment de "centre ville" comme on en connait chez nous, comme aime le dire Houda. Je parle ici d'un endroit piétonnier, comme une place du marché par exemple, autour de laquelle le reste de la ville convergerait. Ce qui ressemble le plus à un centre ville à Melbourne, c'est peut-être Federation Square, en face de la gare de Flinders Street. C'est assez agréable comme endroit mais c'est relativement petit et il n'y a pas grand chose vraiment sur place. Le reste du centre, le CBD, a été tracé par un gars maniaque des angles droits. C'est un rectangle parfait de 2km sur 1km qui est littéralement quadrillé par des rues qui se ressemblent toutes. Il y a beaucoup de gratte-ciels dans cette zone, alors que dans les faubourgs de Melbourne, les maison ressemblent plus à ce qu'on voit dans les BDs de Luky Luke.
Elle n'est pas belle la gare?
La ville est surtout animée le long de la rue Swanston Street et la parallèle Elizabeth Street ainsi que dans les deux perpendiculaires Collins Street et Bourke Street. Sans être trop caricatural, on peut dire que sur les deux premières, on trouve principalement des magasins touristiques et de quoi manger, alors que sur les deux secondes on trouve des magasins (vêtement, luxe, centres commerciaux). Le "centre" est donc assez petit, très "carré" et on y trouve vraiment pas grand chose si on n'a pas faim et qu'on ne veut pas s'acheter des articles de luxe, un kangourou en peluche ou un GSM. Il y a pas de librairie par exemple. Les magasins hi-tech sont tous les mêmes et on en a vite fait le tour. Pas énormément de magasins de vêtements, non plus (Houda confirmera). Ça a été la galère de trouver un bon magasin de chaussures par exemple. Les coins commerciaux agréables proches du centre sont le Victoria Market au nord de la ville et le DFO South Wharf au sud et, dans une moindre mesure, Harbour Town à l'est. Les habitants de Melbourne sont très fiers des lanes. Ce sont des petites rues perpendiculaires à ces grandes artères où on peut trouver des cafés et restos... une vague imitation de la rue St Paul à Liège, pour ne citer que celle qui est la plus proche de chez nous.
Les habitants de Melbourne sont fiers de leurs trams. C'est vrai que c'est assez joli et pratique pour un piéton. Petit bémol cependant, vu qu'un tram roule généralement en ligne droite, il n'y a pratiquement aucun rond-points dans la zone couverte par les trams. Les bons vieux feu rouges sont toujours à la page; ce qui provoque des embouteillages abominables et des conducteurs très nerveux et très désagréables.
A côté de ça, j'ai été également déçu que l'accès à la mer est vraiment très mal aménagé. C'est vrai qu'après mes 3 mois passés à Barcelone, je suis devenu peut-être très difficile à ce sujet. Ici, à Melbourne, on oublie très facilement qu'on est au bord de la mer. Pas de plage correcte (St Kilda, Brighton Beach ou Port Melbourne font vraiment peine à voir), pas de marchands de poissons ou de restos sympas le long de la mer. Ici, la mer c'est pour les gros bateaux commerciaux et rien d'autre. Pour aller à la plage, il faut vraiment s'éloigner du centre. On en a vu quelques unes en allant vers la Great Ocean Road. Très difficile d'accès sans voiture encore une fois.
Les aménagements de la Yarra River, le fleuve de Melbourne, sont par contre très jolis et je dois dire que c'est certainement le coin qui va me manquer le plus. Je vais courir le long de l'eau chaque week-end et c'est vraiment extraordinaire de suivre le chemin aménagé qui mène à la ville.

Côté propreté, c'est impeccable. Pas une seule crasse à terre. La ville est astiquée continuellement. Il faut dire aussi qu'ici la population est encouragée à dénoncer à la police tout acte d'incivisme! Un exemple: une femme que je ne connais pas fait chier son chien dans un parc où je mettrai jamais les pieds? Allez hop, j'appelle la police et elle va avoir de fameux ennuis... Très peu de clochards aussi. A mon avis, il ne doit pas faire bon être pauvre dans ce pays; on est simplement mis de côté avec le reste des ordures...

La population
La population est vraiment très variée ici à Melbourne. A vue de nez, je dirais qu'au moins une personne sur deux est d'origine asiatique. Les Chinois et les Indiens sont fortement représentés. Coté Européens, on entend tout de même parfois parler le français, un peu espagnol aussi mais c'est tout de même très rare. Par contre, il n'y a pas d'Arabes ni d'Africains; ou alors tellement peu qu'ils passent tout à fait inaperçus. Ne parlons même pas des Aborigènes. Ils ont été complètement écartés de la population.
Le grand nombre d'étrangers dans la population australienne ont eu plusieurs impacts très intéressants. Tout d'abord au niveau de la langue. On avait un peu peur au départ de l'accent australien à la Crocodile Dundee... Et bien en fait il y a énormément d'accents différents et certaines personnes parlent encore moins bien anglais que nous. Autre avantage, c'est la multitude de restaurants et des commerces chinois. En effet, il est possible de manger très bien et relativement sainement pour vraiment pas trop cher. Je crois que c'est en partie grâce aux sushis et aux dumplings que les Australiens ne sont pas tous obèses parce que cette nourriture est bien moins grasse est même moins chère que les McDo et autres KFC. Enfin, les commerces chinois permettent d'équiper toute la maison à tout petit prix. Pratique.
Il y a tout de même quelques défis à relever pour un Européen face à cette mixité: la première fois qu'il entend un asiatique roter gaiment dans son oreille, il a du mal à s'empêcher de vomir. Surtout si ce dernier est enrhumé et met un point d'honneur à ne pas utiliser de mouchoir. Il renifle comme un porc toute les 20 secondes (bon courage si c'est le collègue de bureau: ça peut durer toute la journée). Il y a tout de même moyen de se venger en se mouchant bruyamment (très impoli dans la culture asiatique, paraît-il) ou, plus extrême mais beaucoup plus efficace, simplement leur marcher sur les pieds. En effet, évitant toujours toute confrontation, la réaction de la personne aux orteils écrasés sera de dire "sorry" à son agresseur. Je rassure tout le monde, je ne l'ai jamais fait exprès... sauf la fois où j'ai littéralement "marché" sur un enfant qui courrait vers moi en voulant que je me bouge de son chemin. Là, c'est son père qui s'est excusé.
Heyyy sexy lady! Oppa's Gangnam style! (air connu)
Autre surprise quotidienne: le mauvais goût vestimentaire généralisé. C'est assez incroyable. Sans même parler des horribles tatouages et des ongles multicolores (une couleur différente écaillée pour chaque demi ongle), ce qui me frappe le plus c'est l'utilisation généralisée des chaussures de sport, les plus flashy possible pour des gens qui ne courent pas. Sur le trajet entre notre appart et la gare, je vois chaque jour des hommes d'affaire en costume trois pièces et en baskets (oranges, vertes, roses). C'est d'un ridicule... L'hiver, les filles adorent de balader en collant de jogging en pleine rue (là aussi, les baskets fluos sont de rigueur). Beaucoup de gens marchent en tongs, voire pieds nus aussi (!), même si, vu l'aspect de leurs pieds, des bottes en caoutchouc seraient plus élégantes. Et le T-shirt est incontournable dès que le thermomètre indique plus de 8°. Autre exemple, à Monash, il n'est pas ridicule d'aller au cours avec un chapeau tricoté koala ou bob l'éponge sur la tête.
Bref, c'est très différent de chez nous. J'espère tout de même que cette mode n'arrivera jamais en Belgique.

La nourriture
Quand on a de l'argent, manger ici est un vrai plaisir. Je compare souvent notre expérience ici à celle de Birmingham d'il y a 5ans. Cette comparaison a un sens puisque, bien que les Australiens s'en défendent, ils ressemblent tout de même très fortement aux Britishs sur de nombreux points. Et bien, ce n'est pas le cas en ce qui concerne la nourriture. En Angleterre, on a beau mettre des sous sur la table, il est vraiment très difficile de bien manger. Ici, c'est différent. Il y a moyen de trouver absolument n'importe quel plat, n'importe quel ingrédient imaginable. Ils importent tout! Tout est disponible! Tant que le compte en banque suit, on peut se régaler. Envie d'une petite delirium tremens en plein nuit? Pas de problème, il y en a chez l'épicier du coin. Il faut de l'eau de fleur d'oranger pour la pastilla? No worries! Ils en vendent au marché.
Qui veut des maatjes polonais?
Évidemment, vu les prix, certaines choses ne peuvent pas être mangées aussi fréquemment qu'en Belgique. Pour le pain par exemple, on s'est rabattu sur le pain chimique anglais que j'ai fini par aimer alors qu'en boulangerie, il y a autant de choix que chez nous; mais les prix sont juste 5 fois plus élevés.
Petite déception au niveau des produits de la mer. C'est vraiment vide. Il y a bien quelques poissonniers au Prahran Market et au Victoria Market mais c'est aussi cher que si on était à 2000km de la côte. On a acheté plusieurs fois du saumon fumé totalement insipide sauf pour le porte monnaie. Et les moules n'étaient pas toujours fraîches... Je ne comprends pas.
Quelques bonnes découvertes au supermarché: la viande en général (un des rares produits à être au même prix que chez nous), les bocaux de sauces indiennes (tikka masala, butter chicken), les biscuits, les chips (une vraie overdose de sel! quel plaisir!), la crème glacée (toujours excellente), le vin (quelle variété!... mais quels prix!).
Au final, je ne pense pas qu'on ne mange pas beaucoup de produits australiens. Mais bon qu'importe. L'écologie n'a certainement pas été inventée en Australie (ils sont toujours fans de sacs plastiques par exemple). J'ai l'impression que c'est comme tout le reste. Beaucoup de produits sont importés. Et quand ça vient de Tasmanie ou de Nouvelle Zélande, c'est du considéré comme du local.
Côté restos, là aussi, il faut fermer les yeux sur les prix de la carte sinon ça reste lourd sur l'estomac. Le truc est de ne pas trop consommer de boissons. C'est vraiment ça qui fait exploser la facture vu les taxes sur l'alcool (et comme l'eau est gratuite...). Une fois ce détail assimilé, on n'a vraiment jamais été déçu. Que ça soit les restos chinois (dumplings, sushis), les restos grecs (avec maman ou mon prof.), les restos indiens, les tavernes (vive les calamari au poivre), les friteries (fish&chips) ou le dernier resto japonnais pour l'anniv de Houda, c'était très chaque fois excellent.
Un truc à importer en Belgique d'urgence, ce sont le système de food court: des zones pour manger dans les centres commerciaux où il y a plein de mini-restos et fast food autour de dizaines de tables. Chacun commande ce qu'il préfère et on mange ensemble au milieu de la salle. Dommage que ça n'existe pratiquement pas en Belgique.
Autre bon point pour l'Australie: les toilettes publiques gratuites partout; c'est si pratique, ne serait ce que pour se laver les mains après avoir dévoré maladroitement des nouilles chinoises pleines de sauce avec des baguettes.
Donc, conclusion: sur la bouffe: vive l'Australie tant qu'on ne regarde pas les étiquettes. Grâce aux bourses de voyage dont nous avons bénéficié, on a pu vivre un peu de cette manière. Néanmoins et malgré tout, les boulets frites nous aurons beaucoup manqué.

Le logement
C'est peut-être le point le plus noir de notre séjour et pourtant, nous n'avons pas vécu dans le pire quartier de Melbourne. Notre appart est très bien situé. South Yarra est la zone chic de Melbourne. Gros avantage, c'est très calme, très propre, très joli. Gros inconvénient: malgré le loyer qu'on paye, on vit dans un appart type HLM: condensation, humidité, moisissure, vitres simple vitrage, accessoires un peu cheap (TV, four, lave linge, sèche linge très bas de gamme), carpette défraichie, garde robe rapiécée, robinet qui goutte, pas de chauffage,... Dans l'absolu, c'est pas un mauvais appart... mais vu le prix c'est vraiment fou! Donnant sur le sud, l'appart n'est jamais réchauffé par le soleil (ici c'est le nord qui est envié, tout est inversé!). Donc il fait très froid, même si par rapport à la Belgique, il fait doux dehors (il n'a pas gelé une seule fois sur tout l'hiver!).
Ça tombe bien, j'ai toujours aimé les champignons!
Et comment font les Australiens alors? Et bien ils vivent pas terriblement mieux, à moins qu'ils soient très riches. Et même dans ce cas, on est encore loin du confort belge de monsieur tout-le-monde. J'ai par exemple été surpris de la petitesse de la maison de mon prof. La plupart des étudiants vivent en communauté. Ça peut bien se passer... mais ça peut aussi très mal se passer. Je l'ai bien vu par exemple avec mon collègue suisse qui a dû déménager 3x et n'a jamais vraiment été satisfait de ses colocataires.

La technologie
L'Australie est sans conteste plusieurs années en avance sur la Belgique en terme de technologie. Première chose qui frappe, c'est que tout le monde possède un smartphone. Dans le bus ou dans le train par exemple, tout le monde regarde son petit écran, écrit de mail, ou va sur facebook. Certains jouent à des jeux sur des tablettes. C'est vrai qu'en venant ici, on a été littéralement catapultés dans ce monde futuriste et nous avons donc fait comme tout le monde en prenant du crédit internet sur notre téléphone. Les prix sont vraiment bas par rapport à la Belgique (on paye 26$ pour 5Go de données alors qu'en Belgique, je pense que c'est 15€ pour 0.25Go!). On a donc découvert des tas de loisirs liés aux téléphones récents: GPS en permanence dans la poche, agenda synchronisé sur le web, gestion de la boîte mail en pleine rue en attendant le bus, partage de photos sur facebook, foursquare et instagram, connexion modem pour le PC. C'est très agréable et ça va être difficile d'être réduit à presque rien en Belgique.
Mon joli GSM habillé d'une coque chinoise
Cette avance technologique se voit aussi pour toutes sortes de choses liées à la vie de tous les jours. Ici par exemple, les compteurs d'électricité et de gaz sont relevés précisément tous les mois (par ondes radio, je pense). On paye donc exactement ce qu'on a consommé le mois précédent. C'est très clair.
Le système de payement (myki) des transports en commun est aussi plutôt bien fait malgré ce qu'en pensent la plupart des gens ici. On achète une carte et on la recharge en ligne, ou sur une borne à une gare. Il suffit alors de valider son trajet à chaque fois qu'on prend un moyen de transport et le meilleur prix journalier est débité du compte en fin de journée. En plus, toute l'historique des trajets est accessible en ligne.
Pour la banque, la carte de débit est aussi une carte de crédit. Le web banking est très bien fait. Les transferts du compte épargne vers le compte à vue sont instantanés! (et le compte épargne rapporte 4.5% mais ça, ça n'a rien à voir avec la technologie). Les extraits de compte sont disponibles tout le temps en ligne et toutes les opérations sont traçable facilement. Quelle simplicité!
L'Australie c'est le pays des geeks. Petit bémol, la couverture GSM ne doit faire que quelques pourcents du territoire. A Dandenong, c'est-à-dire à moins d'1h de Melbourne, on n'avait plus de réseau!


L'université
Monash est une très grande université par rapport aux universités belges. Il y a plusieurs campus par exemple et même, dans le seul campus de Clayton, il est très facile de se perdre. Ici, tout est fait pour que l'étudiant soit dorloté et passe un agréable moment. Il faut dire qu'il paye un beau minerval chaque année qui doit être au moins 10 à 20x supérieur à celui qu'il payerait à l'Université de Liège (selon la faculté et ses options). Les ressources de l’université ne sont donc pas du tout comparables à celles des universités belges. Ici par exemple, il est difficile d'être bloqué pour télécharger un article scientifique trouvé sur le net. Monash est abonnée à toutes les revues imaginables! Et si, par hasard, on demande quelque chose d'exotique qui n'a pas été imaginé par les bibliothécaires, il suffit de placer une request sur l'intranet et l'article, le livre, la thèse en question arrivera à la bibliothèque quelques jours plus tard gratuitement! Le rêve pour un chercheur.
La vie relax de l'univ devant le Menzies building
Autre caractéristique: le rythme de travail n'a pas l'air d'être vraiment mortel pour les étudiants. On m'a expliqué que c'était parce que la plupart doivent avoir le temps de travailler à côté de leurs études pour gagner de l'argent. Je ne sais pas dans quelle mesure c'est vrai. En tout cas, avant 9:30 et après 16:30, les bâtiments sont quasi vides. Il y a aussi beaucoup de vacances (3 mois de grandes vacances, 1 mois en hiver entre les 2 semestres et encore 1 semaine au milieu de chaque semestre).
Petit point noir tout de même, les étudiants sortent de l'univ généralement avec une dette de plus de 30000$ sur les épaules qu'ils devront rembourser dès qu'ils payeront des taxes. Autrement dit, s'ils ont une bourse de PhD, ils ont encore un peu de répits...
Bon, je ne vais pas aller plus loin dans cette comparaison puisque, si quelqu'un me dénonce pour propos affectant la réputation de l'université, je risque de sérieux problèmes. Et oui, ici aussi la délation est vivement encouragée. Ça m'a fait un peu froid dans le dos lorsque j'ai suivi la petite introduction sur la sécurité et les principes de la vie étudiante à Monash.
Plus sérieusement, l'université de Monash était finalement un très bon choix en ce qui concerne mon travail. J'ai surtout eu la chance de tomber sur un labo où je pouvais me rendre très utile et où j'ai pu bénéficier de collègues intéressants. Néanmoins, je suis tout de même content d'avoir fait mes études à Liège et je crois que les Australiens auraient tout intérêt à venir étudier en Belgique, ne serait ce que pour ne pas commencer leur vie fauchés. Je crois qu'ils le savent puisque, tous les Australiens que nous avons côtoyé, sans exception, veulent quitter l'Australie.

Et voilà donc mon bilan... qui n'est ni totalement blanc, ni totalement noir...


Je vais arrêter là sinon je n'aurai plus rien à raconter en Belgique!

mercredi 12 septembre 2012

Sorties au soleil

Alléluia! Le soleil revient! On a même parfois bien chaud dehors (jusque 25° hier après midi!). C'est dingue, on avait oublié comme ça pouvait faire du bien. Pourtant le soleil était toujours bien là mais il ne chauffait plus depuis 3 mois.
Curieusement, nous ne sommes pourtant pas tout blancs comme on aurait pu l'être en Belgique à la fin de l'hiver. Grâce au trou dans la couche d'ozone, la dose d'UV est toujours anormalement élevée et on continue donc à bronzer. Au final, j'ai la figure beaucoup plus brune que mes bras par exemple. C'est un peu flippant, vu le nombre de cancers de la peau que se choppent les Australiens paraît-il.
Le soleil au dessus de Federation Square
En voyant le soleil sur la photo, je pense à mes yeux et aux problèmes que j'ai eus à partir du jour du Moomba festival en mars. Ça a l'air d'être enfin terminé. J'ai l'impression de voir plus ou moins comme avant. Je ne sais pas ce qui s'est passé pour que je voie flou pendant si longtemps. Est-ce l'abus de GSM comme je l'ai longtemps pensé? Je n'étais pas habitué à passer de longs moments à fixer l'écran de mon GSM puisqu'en Belgique, à part ma liste de contacts, il n'y avait pas grand chose à voir. Maintenant en étant connecté en permanence à internet, c'est différent. Au début, je jouais même à des jeux débiles sur le petit écran (Angry birds par exemple). C'est sûr, ça ne doit pas être très bon pour les yeux. J'ai pensé aussi que la cause pouvait être les fameux rayons UV un peu trop puissants par ici. C'est vrai qu'il fait généralement beaucoup plus lumineux que chez nous en Belgique. Il y a aussi moins de nuages. Mais j'ai des lunettes de soleil... Je ne sais donc finalement pas ce qui s'est passé. Il faudra aller voir un oculiste. Si je prends rendez-vous en rentrant, je pourrai peut être avoir un diagnostic avant mes 40 ans (date à laquelle on m'avait dit d'y retourner).

Ce beau temps nous a poussé à aller nous balader en ville plusieurs fois ces derniers temps. On en a profité pour commencer à acheter des cadeaux pour un peu tout le monde (koalas, kangourous et ornithorynques sont des incontournables). On a même acheté quelques trucs pour nous: des T-shirts, des draps de plage, des road signs, des nounours, des cravates, etc. Il y a beaucoup de choix. Il faut en profiter puisqu'on risque fort de ne pas revenir ici très prochainement.

Le week-end passé, Houda avait décidé d'aller voir deux romanciers australiens qui donnaient une conférence à l'occasion du Melbourne Writers Festival. Pendant ce temps là, n'ayant pas lu les livres en question et n'ayant pas vraiment l'intention de les lire un jour, j'ai été faire un tour à l'ACMI (Australian Centre of the Moving Image) juste à côté. J'avais initialement l'intention d'aller voir l'exposition Game Masters sur les jeux vidéos. J'étais juste un peu refroidi par le prix d'entrée (près de 30$) et par le flou de la description de l'expo sur le site web. Alors que j'étais en train d'essayer de voir discretos ce qu'il y avait derrière l'entrée, un guide bénévole (je dis ça parce qu'il tenait à peine sur ses jambes tellement il était vieux) est venu bien sympathiquement m'expliquer que je pouvais plutôt aller voir l'expo permanente sans payer un rond si je ne l'avais pas déjà fait. J'y suis donc allé, un peu sans conviction.... mais je n'ai vraiment pas été déçu! L'image suivante parle d'elle-même:
Sand people, Luke Skywalker (en pilote XWing), Greedo
et Han Solo dans leur carton d'origine!
Un expo qui présente les figurines Star Wars comme des objets d'art, c'est le rêve.. et dans leur carton d'origine en plus!... et juste à côté, un Commodore 64 en état de marche! Youhou! Un peu plus loin, un vieux PC sur lequel on peut jouer à la première version de Civilization. C'est trop beau! Autant dire que je n'ai pas eu assez des deux heures que j'avais devant moi pour tout décortiquer. Heureusement, j'ai pu y retourner pendant la seconde conférence de Houda qui se déroulait l'après midi. Bref, cette expo permanente est vraiment extra et tout ça pour 0$! Je ne sais donc toujours pas si l'expo temporaire Game Masters vaut le coup ou pas.

Une autre sortie nous a été offerte dans le cadre de mon travail par mon prof. de Monash. On est retourné au resto grec à Oakleigh pour fêter l'arrivée de Nelson, un nouveau PhD étudiant indien qui vient passer quelques mois ici. On a pris la même chose que la fois passée: des tas de petits plats à partager. Aha! Je suis très fort à ce genre de jeu. J'arrive facilement à manger 3x plus que tout le monde sans trop me faire remarquer. C'était très bon et je me suis senti obligé d'aller courir 17km dès le lendemain pour éliminer l'excès de calories.
Resto Grec II - le vengeance du calmar frit.
On enchaîne les sorties grâce à Tara. Elle nous a proposé, le surlendemain du resto, d'aller faire un tour à Dandenong (je préfère dire dang ding dong, c'est plus facile et ça sonne pareil). C'est un endroit au sud-est de Melbourne dans les montagnes. On y trouve des forêts et des villages un peu perdus au milieu de tout ça. Ça m'a fait penser aux villages où on était allé dans les Blue Mountains près de Sydney. On n'a pas fait grand chose sur place au final. Juste regarder les quelques magasins et manger, plusieurs fois. A quatre heures, on s'est retrouvé dans une vieille église aménagée en café. Très spécial. On nous a servi des scones (les meilleurs du monde paraît-il). Ce sont des petits pains un peu friables et tout chauds avec une portion de confiture et une portion de crème fraîche épaisse. Le tout servi avec du thé. Houda a bien aimé (voir photo) et moi aussi, surtout quand elle m'a donné la moitié de sa crème fraîche (elle n'avait pas compris qu'il fallait en mettre beaucoup, par dessus la couche de confiture, donc il lui en restait à la fin).
Houda mange des scones
Tant qu'on en est a parler de bouffe, voici une photo de la crème glace que nous a servie un Français "holiday worker" à South Wharf. C'était son dernier jour chez ce glacier et il était tellement content de voir des francophones qu'il nous a servi des cornets monstres pour le prix d'une seule "boule". Il m'a aussi évité de prendre le goût "réglisse" qui ressemblait sournoisement à du chocolat. Merci à lui s'il tombait sur ce billet. On se souviendra de cette glace.
Officiellement c'est un cornet "une boule".
Et dire que malgré tout ça, je n'ai pas l'impression d'avoir grossi! Faut dire qu'on en a brulé des calories à essayer de ne pas mourir de froid.

samedi 1 septembre 2012

En avant pour le dernier mois!

Et voilà, nous y sommes, il ne nous reste plus qu'un mois à Melbourne ("dans cet enfer glacé" dirait Houda). Depuis que j'ai envoyé le formulaire "notice to vacate" à l'agence immobilière qui gère l'appartement, on sent vraiment qu'on est proche de la fin du séjour. Il faut faire ces démarches au moins 28 jours avant la fin du bail... ou avant le départ. C'est pas très clair dans les papiers. J'imagine qu'il y a peu de monde qui, comme nous, payent 2 semaines en plus pour ne pas rester dans l'appartement (et hop, 800€ à la poubelle!). Malheureusement, on n'a pas trop le choix. Le bail est signé pour à un nombre entier de mois. Vu qu'on est resté les 2 premières semaines à l’hôtel en février, on avait soit le choix de prendre un bail 8 mois et payer deux semaines pour rien, soit prendre un bail de 7 mois avec 2 nouvelles semaines d’hôtel à la clef en fin de séjour... Finalement, je crois qu'on a choisi la meilleure solution.

Normalement, on va pouvoir rester jusqu'au tout dernier jour dans l'appart. Seul problème, il va falloir présigner le papier pour récupérer la caution et donc faire entièrement confiance à l'agence et au proprio... Mais on n'a pas le choix. A moins, encore une fois, de quitter l'appart plus tôt et de passer par la case hôtel... A propos de l'agence, on a eu la visite du directeur chez nous pour faire une évaluation de l'appart demandée par le proprio. Il nous a demandé si on était content de leur service et on a profité de cette occasion unique pour dire tout le bien qu'on pense de sa collaboratrice qui gère notre location. Il nous a dit qu'il n'était pas surpris. Nous ne sommes pas les premiers à nous plaindre. Le directeur aurait aimé qu'on remplisse un formulaire de plainte suite aux différents problèmes qu'on a eus, mais j'ai un peu peur que ça arrive aux oreilles de cette bonne femme qui aura notre caution (~2500€) dans les mains une fois que nous serons en Belgique. Et puis j'en ai un peu marre de passer mon temps à m'occuper de cet appart. Espérons que tout se passe bien et on oublier tout ça une fois en Belgique...

La semaine passée, comme nous étions dans cette ambiance de départ, nous sommes allés en ville pour acheter quelques souvenirs. On a acheté pas mal de trucs avec des koalas et des kangourous partout. C'était amusant. La ville était animée et il y avait dans toutes les rues des éléphants multicolores qui décorent la ville depuis un festival indien. On en a pris beaucoup en photo. Ils me font penser aux vaches qu'il y a eu un moment à Liège pour je ne sais quelle occasion.
Un éléphant zarbi.
A Monash, tout s'accélère: l'approche de notre retour m'a poussé à faire un plan de travail pour terminer mes développements informatiques et laisser derrière moi quelque chose d'utilisable par les thésards que j'ai suivi. Mon prof est très content de ce que j'ai fait et voudrait que je continue à travailler avec lui au delà du séjour pour encadrer de nouveaux thésard, publier des papiers et gérer le code de calcul que j'ai créé. Ça m'a fait plaisir. Il aimerait me donner une visiting position à l'université de Belfast pour officialiser tout ça. J'espère que ça pourra se faire une fois qu'il sera en Irlande. C'est plus facile d'aller de temps en temps à Belfast qu'à Melbourne. En pratique, je me suis donc lancé dans l'écriture de la documentation de mon code. Pour ne pas m'ennuyer, j'ai décidé d'apprendre à utiliser toutes les fonctions de DoxyGen. Le résultat a un look vraiment très pro. (voir photo ci-dessous).
Il est temps de documenter tout ce que j'ai fait ici.
Plus qu'un mois... et donc mes collègues ici se rendent compte que je ne serai bientôt plus là. Daniel m'a déjà offert un cadeau pour mon départ. C'est un livre qui parle du fonctionnement du cerveau humain "On Intelligence: How a New Understanding of the Brain will Lead to the Creation of Truly Intelligent Machines" (Jeff Hawkins). C'est le genre de bouquin que j'aime bien avoir sur ma table de chevet (ou dans les toilettes). On peut le démarrer un peu où on veut, lire 5 pages et reprendre la lecture 2 semaines plus tard. J'ai pas mal de points communs avec Daniel et notamment le goût pour la programmation et les trucs débiles sur internet.
Le bouquin que Daniel m'a offert pour mon départ.
Plus qu'un mois... et donc nos amis veulent nous revoir pour manger un bout. C'était le cas de Sue cette semaine. Elle voulait nous emmener dans un resto marocain à 20km de chez nous (et 40 de l'univ). On lui a dit que c'était loin et qu'on avait pas trop envie de manger marocain (c'est un peu comme si on lui proposait de l'emmener, elle, au Mac Lam des Guillemins...) et... végétarien (ça c'est vraiment rédhibitoire). Donc on a été finalement à Glen Waverley, un quartier chinois de Melbourne, dans un resto chinois. Là, pas de risque d'être déçus: on nous a servi les meilleurs dumplings choisis par Sue, notre spécialiste. On s'est régalé. Ci-dessous, le dessert.
Le chocolat a été remplacé par de la purée d'haricots rouges sucrée.
Houda s'est régalée!
Quoi dire de plus? Le temps s'améliore. On n'a plus trop froid quand le chauffage est mis à fond dans notre living. A Monash, j'ai même pu rester en T-shirt toute une journée dans mon bureau. Tout le monde nous dit qu'on aurait dû venir passer le printemps et l'été ici, c'est-à-dire arriver quand on va partir, au lieu de l'hiver. Oui, bien sûr, mais le problème c'est que personne ne travaille ici en été (le rythme est déjà très relax pendant l'année - j'ose même pas imaginer ce que ça donne en été). Et puis on est quand même venu pour travailler essentiellement. Sue nous demande régulièrement "mais vous êtes vraiment obligés d'aller à l'univ tous les jours? c'est bizarre."... et on répond "non, mais on aime bien y aller"... difficile à comprendre.

dimanche 26 août 2012

Que cherchent mes visiteurs?

Ce blog est public et donc un peu n'importe qui peut se retrouver ici au cours d'une recherche Google. C'est assez amusant de regarder les mots clefs utilisés par les internautes pour tomber sur cette page.

Je m'amuse à essayer de comprendre comment ces mots clefs ont pu faire aboutir les gens sur mes pages (je fais l'exercice sans relire mon blog en entier):
  • J'ai remarqué que "georges le plombier" à la côte depuis pas mal de temps. Je l'avais déjà vu dans la liste plusieurs fois auparavant. C'est simplement le nom du plombier qui est venu réparer la porte du sèche linge dans les premières semaines où nous étions ici. C'est assez stupéfiant de se dire que certaines personnes tapent ce genre de choses sur Google et espèrent ainsi trouver l'adresse de leur plombier. Quoique dans peu de temps avec les GPS et les smartphone, ça risque de fonctionner.
  • Pour "aldi inutile droits de l'homme", je ne sais pas trop à première vue. On est allé à l'Aldi de Prahran une fois, tout au tout début, lorsqu'on était à la recherche d'un supermarché qui n'allait pas nous coûter la peau des fesses. Maintenant, on ne regarde plus les prix et on va au Woolworths, comme les gros snobs du coin. Pourquoi ai-je parlé des droits de l'homme dans le même billet, I have no idea comme il disent ici, sourcils relevés, yeux exorbités et tête inclinée. C'est clair qu'en Australie, et peut-être plus qu'ailleurs, il vaut mieux être blanc et friqué que noir, brun ou jaune et sans le sou.... Aaah! voilà, ça me revient, ça doit être la discussion qu'on a eue avec le taximan indien qui nous a déménagé du CBD vers le motel à Clayton... Le pauvre.
  • "image de singe rigolo", ça c'est facile, c'est notre visite au zoo. C'est vrai qu'il était rigolo ce singe derrière sa vitre, mais bon, c'est pas très gentil de se moquer de lui. peut être qu'il est mort en plus, qui sait...
  • "melbourne c'est moche"... tiens, tiens, étonnant qu'on tombe sur moi avec ce type de recherche...... Sérieusement, je suis bien conscient que la ville de Melbourne n'a pas vraiment réussi à me séduire, comme l'avait fait Barcelone par exemple, lors de mon séjour à l'UPC. Melbourne est décrite ici comme la première ville au monde où il fait bon vivre (et elle vient même de remporter à nouveau cette première place mondiale!). Bref, je ne suis pas sûr que j'ai écrit ça comme ça. Melbourne n'est pas moche, on est bien d'accord, mais elle ne mérite pas cette première place, c'est certain. Dans mon blog, je devais peut-être parler de ce que disent les gens sur Clayton, la zone du campus de Monash. Bon allez, je termine ce point sur une comparaison en faveur de Melbourne: Melbourne est bien plus belle que Birmingham!
  • "melbourne c'est pas terrible"... Je ne pense pas avoir écrit ça non plus... ou alors dans un billet que j'aurais écrit après avoir reçu une facture d'électricité.
  •  Quant à "étude de la cannelle à l'université", ces mots peuvent être trouvés dans le billet décrivant la préparation de la pastilla ou celui où je parle du "cinnamon challenge".... Mais de là à savoir qui veut étudier la cannelle à l'université... c'est un mystère.
J'ai remarqué aussi que j'ai boosté mes visites depuis que j'ai listé tous les films que j'ai regardés sur mon PC. Je suis maintenant référencé sur des sites de téléchargement illégaux et je me marre juste en imaginant la tête des gens qui tombent sur ce blog alors qu'ils cherchent un lien "torrent". Bien fait pour vous!

C'est chouette internet tout de même.

dimanche 19 août 2012

I did it!

Et voila, hop hop, j'ai fait un tour de 20km sans problème ce matin. Je suis parti lentement avec de la musique dans les oreilles pour oublier le temps qui passe et j'ai fait un nouveau tour qui combine mes 3 autres tours: le Fawkner Park, la Yarra River (2x) et un tour du Tan Track. A l'arrivée chez nous, j'ai juste l'air très fatigué:
A l'arrivée, je suis toujours debout!
Et Endomondo n'a même pas planté cette fois-ci. J'ai l'impression que la dernière mise à jour a réglé pas mal de problèmes. Le GPS s'est initialisé instantanément et il a bien compris que je passais de l'autre côté de la rivière à un moment donné. Voila le parcours en vue satellite:
Faudra que j'essaye de dessiner des trucs la prochaine fois...
Et la version web.C'est rigolo, on voit que j'ai fait la tortue sur le dernier km.



samedi 18 août 2012

Sovereign Hill

 Le week-end passé, Tara et Brian nous ont emmenés à Sovereign Hill, près de Ballarat, une ville à 1h30 de route au nord-ouest de Melbourne. Ballarat a été construite autour d'une ancienne mine d'or et "Sovereign Hill" est une sorte de parc d'attractions sur le thème de la ruée vers l'or qui a eu lieu... heu... je ne sais plus trop quand (j'imagine juste après l'arrivée de Christophe Colomb).
Le parc est une reconstitution d'un ancien village de chercheurs d'or, comme on pouvait en trouver à l'époque. C'est très bien fait, très soigné. Il y a des animaux, une calèche, des restos, des magasins, bien sûr, et toutes sortes de petits spectacles et démonstrations à heures fixes qu'il ne faut pas manquer.
Quant on arrive, première surprise: il faut déjà avoir trouvé un filon pour pouvoir rentrer dans le parc: l'entrée est à 45$ par personne. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'on est arrivé bien tard (passé 13h) et que le parc ferme déjà à 17h. On n'aura pas le temps de tout voir. Et, en plus, on n'a pas encore mangé. Brian propose de s'asseoir et de manger un bout dans une taverne du village. Je prends une "beef pie à la Guinness". C'est pas mauvais, malgré l’apparence très british (ça me fait penser à la tarte aux carbonnades qu'on avait mangé à Blackpool en Angleterre) et, encore un fois, bien cheros. On s'en sort à 40$ pour nous deux en ayant bu de l'eau du robinet.
Recherche de pépites d'or à Sovereign Hill
Pour la visite du parc, nous avons la chance d'avoir un peu de soleil (et quelques gouttes de temps en temps). Je suis surpris par le monde. Ça doit être la foule en été. Faut dire que c'est la seule chose à voir dans un rayon de 100km. On assiste à une démonstration de tir au mousquet, faite par un gars costumé assez rigolo. Pas mal du tout. Un peu plus loin, c'est la mine. On peut la visiter.... mais c'est 8.5$ de supplément. Hé bé! ils perdent pas le nord!... (ou le sud, peut être ici?). On fait donc l'impasse sur cette visite et on redescend vers la rivière où on peut s'amuser à chercher de l'or comme les vrais chercheurs chinois de l'époque (voir photo ci-dessus). C'est l'occasion de faire quelques photos marrantes. On n'a rien trouvé dans l'eau bien sûr.
Juste avant la fermeture, nous avons le temps d'assister à la dernière démonstration de la journée de fabrication d'un lingot d'or. Oui, un vrai!... 140.000$ d'or si j'ai bien compris. Impressionnant. Il parait que c'est très lourd. J'ai pas pu le soupeser: le démonstrateur a choisi l'enfant le plus chétif de l'assemblée pour lui donner le lingot à peine refroidi en main. J'imagine que c'est pour être sûr de pouvoir le rattraper s'il commence à courir comme un fou vers la sortie. C'est vrai que ça doit être tentant une fois le lingot en main.

A la fermeture du parc, nous passons par le "musée de l'or", juste en face, de l'autre côté de la rue. Rien de très fameux, mais comme c'est compris dans le prix, ça nous fait croire qu'on en a eu pour notre argent.

Avant de rentrer à Melbourne, on passe par Ballarat pour boire un café. La ville est morte et c'est difficile de trouver un coin un peu animé. Après un petit moment, on tombe sur un café sympa où je prends un morceau de tarte qui me fait penser aux pâtisseries allemandes qu'on peut manger par exemple à Monschau. Pâte épaisse et très dure. Intérieur très sucré avec des amandes et des raisins. Le tout recouvert de sucre glace. Rien à dire, ça passe tout seul et si ça n'était pas hors de prix, j'en aurait bien repris quelques morceaux supplémentaires avant de partir. Le café était également très bon; c'est suffisamment rare pour le faire remarquer. Après une bonne heure assis au chaud, on nous fait comprendre qu'il faut qu'on parte. La salle, qui était vide quand on est arrivé, est maintenant complètement remplie.
Retour sans histoire. Que c'est agréable de se faire reconduire chez soi en voiture. On nous dépose juste devant chez nous. Et malgré la somme astronomique dépensée pour ce petit daytrip, je dois dire qu'on en gardera un bon souvenir.
Soirée "Wilfred" au chaud dans le lit
En semaine, c'est toujours la même routine: le matin, réveil à 7h pour prendre le train de 8h00 pour Monash. On travaille toute la journée et on quitte l'université vers 17h30. L'idée est d'arriver à attraper le train du retour avant 18h00. Après cette heure, la cadence des trains diminue et si on en loupe un, on est bon pour attendre 15-20 minutes le suivant.
Quand on arrive à l'appart, il est, au mieux, 18h30. Le temps de ranger nos affaires et d'ouvrir un sachet de chips, il est déjà temps de préparer le repas du soir. On jette un œil à la TV tout en mangeant; juste assez pour nous rappeler qu'on ne supportera pas les multiples coupures pubs pendant le programme de la soirée. On décide donc généralement de regarder un film sur nos PCs portables, bien au chaud dans le lit. La chambre est glacée puisqu'on laisse les fenêtres ouvertes la journée pour évacuer l'humidité. J'ai un hoodie australien rembourré de fourrure synthétique qui me permet de ne pas avoir trop froid et la bouillotte évidemment.
Question films, on est bien servi. En plus d'avoir apporté tous nos films favoris sur mon disque dur externe, je télécharge continuellement des trucs d'internet, principalement de Youtube. J'ai regardé par exemple la totalité des Kids react, une série de petits films où les réalisateurs montrent à des enfants des vidéos étonnantes d'internet et filment leurs réactions. A partir du contenu de cette série, j'ai regardé la plupart des "phénomènes internet" qui ont été montrés aux enfants: Nyan Cat, Salad Fingers, Annoying Orange, iJustine, FPSRussia, etc. C'est vraiment super, même si c'est pas très malin. Je sais par exemple maintenant qu'il existe un défi nommé le "cinnamon challenge" qui consiste à essayer de manger une cuiller de cannelle en poudre en moins d'une minute sans boire d'eau. Il parait même que certains en sont morts... Génial!

Et en plus de tout ça, mon collègue Daniel me refile des tas de séries à regarder. Après le moyen Game of Thrones, je regarde maintenant Wilfred (voir photo), qui est beaucoup mieux. C'est une série assez drôle avec le gars qui joue le hobbit dans le seigneur des anneaux (j'ai pas envie de retenir son nom). Depuis le premier épisode, il s’occupe du chien de sa voisine. Ce qui est drôle, c'est qu'il voit le chien comme un humain (costumé en chien) - et il est le seul à le voir ainsi. On ne sait pas très bien pourquoi c'est comme ça mais ça provoque inévitablement des situations très drôles. Les épisodes sont courts (20min) et c'est parfait pour quand je suis un peu fatigué. J'enchaîne parfois sur des parties de starcraft en ligne pour ne pas perdre les bonnes habitudes. C'est amusant aussi. Je me dis parfois que Youtube est vraiment l'avenir de la TV. A mon avis, on n'aura plus que ça d'ici une dizaine d'années.
Un petit creux?
Un petit "double chocolate muffin" et je me sens mieux...

Au boulot, ça se passe bien aussi, comme depuis le début d'ailleurs. Mon travail avance bien et je viens de faire une première version complètement fonctionnelle du modèle d'endommagement de composites. Comme d'habitude, mon travail a consisté à coder correctement, proprement et efficacement le travail déjà publié par mes prédécesseurs. Comment les résultats publiés ont-ils pu être produits? C'est toujours un mystère qu'il vaut mieux ne pas essayer d'éclaircir.

Je me souviens de premier jour où j'ai eu accès à la routine du thèsard précédent. On m'a dit "Haha, je te défie de trouver un bug dans ce code!".... Avec le recul, c'est très drôle. Mais mieux vaut ne plus en parler, ça deviendrait vite embarrassant.
Ce qui est super c'est que je pense qu'il y aura moyen de publier pas mal de trucs. Le code est maintenant bien bétonné et il ne reste plus qu'à l'utiliser pour produire des résultats.  C'est ce que je compte faire ces 6 prochaines semaines.
Mon GSM a 3 heures d'autonomie lorsque je cours
Le dernier week-end, puisque j'avais dit dans ce blog qu'il fallait que j'arrive à finir 5 tours du Tan track avant la fin du séjour, je me suis lancé... Il y avait justement une compétition, nommée le "Tan Ultra Run" orgfanisée par l'Ultra Runners Association. En arrivant sur le tarmac, je me suis dit, "ouah! comme ils courent lentement, ces nuls!". Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'ils étaient partis pour 100km et qu'il y avait déjà 3h qu'ils courraient. Bon, en tout cas, ils m'ont bien motivé à atteindre mon objectif, surtout quand ils ont commencé à me dépasser, à partir de mon 4ième tour. J'en ai fait un cinquième péniblement, pour arriver à un total de 21km, et je les ai abandonnés, comme un lâche. Et ils courraient toujours au même rythme qu'au début. Pff! Il y en avait même qui souriaient...
Donc, les 21km, c'est fait... mais en relisant ce blog, j'ai vu que j'avais écrit "21km sans avoir mal"... Ah oui... donc là, il y a encore beaucoup de boulot, parce que j'ai eu quand même drôlement mal après la course, jusqu'au mercredi...
Heureusement, je ne pense pas m'être blessé et je vais pouvoir retenter le coup ce dimanche.

En attendant, nous avons fait ce samedi un petit nettoyage de notre appart qui commençait vraiment à bien s'encrasser. Après la vaisselle, le four, le microonde, je me suis senti pousser des ailes et j'ai décidé de regarder derrière la machine à laver. Vu de la douche quand je me lavais, ça ne me semblait pas très propre.
Nettoyage de la salle de bain
Et en effet (voir photo), on ne voyait pas le carrelage! Il y avait là une quantité de crasse impressionnante qui doit dater de la construction de cet appart! C'est pas possible! J'ai pris des photos ("avant et après") pour pouvoir envoyer à l'agence si ils râlaient sur la propreté de l'appart après notre retour. Je m'attends au pire avec ces abrutis...

dimanche 5 août 2012

Cooking

Finalement, il n'est pas si dur à vivre cet hiver au pays du vegemite et des Chinois renifleurs...
Il y a même des jours où on n'a pas trop l'impression de mourir de froid: c'était le cas le samedi d'il y a deux semaines où nous avons eu un merveilleux soleil pendant toute la journée. On en a bien profité en allant se balader jusqu'en ville en passant à travers le jardin botanique derrière chez nous. Houda n'y était jamais allée et ça vaut le détour.
Les Australiens avaient ressorti de leur BIR (built-in garde-robe) leurs T-shirts, leurs shorts et leurs mini-jupes pour profiter au maximum du beau temps et montrer leurs tatouages (15° au soleil, ça se fête!). Leurs tongs laissaient à nouveau entrevoir leurs ongles de pieds vernis de mille et une couleurs du meilleur goût. Moi, je ne suis pas allé jusqu'à me vernir les ongles mais j'ai tout de même renfilé mon "hoodie" australien, qui est une sorte de sweat shirt à capuchon bien typique d'ici (et des banlieues parisiennes). Bref, un truc que je ne mettrais jamais en Belgique histoire de ne pas passer pour un guignol. Ici, c'est la grande classe. C'est la mode australienne, il faut s'y faire...
Arrivé à South Bank, on s'est payé une bonne grosse glace qu'on a mangé le long de la Yarra river en compagnie d'une mouette très drôle. Il n'y a rien à dire, les glaces ici sont bien meilleures que chez nous!
Une journée de printemps en hiver (South Bank)
C'était donc notre dernière petite sortie sympathique en date. A côté de ça, nous avons passé tout notre temps libre à préparer le repas que nous prévoyions de faire pour Brian et Tara. Nous les avions invités à souper chez nous et ils s'attendaient à un repas marocain, évidemment. Les premiers tests de pastilla effectués une semaine à l'avance étant plutôt concluants, nous étions plus ou moins sereins à l'approche du week-end jusqu'au moment où Sue nous appelle pour nous inviter au resto (marocain!) le dimanche du même week-end, c'est-à-dire le lendemain de notre repas. Prévoyant déjà qu'on serait dans une forme pas terrible ce jour là, nous lui proposons plutôt de venir manger chez nous. On mangera la même chose que la veille et, pour nous, il suffira de préparer tout en double... Ça fera moins de travail et ça nous évite une sortie dans le froid.
Des scampis sans pastis comme entrée
Et c'est donc ce qu'on a fait. La veille de la première invitation, Houda reste à la maison pour préparer les deux pastillas et des briouates à la mortadelle. Je l'ai convaincue de faire deux petites pastillas et pas deux grandes pour éviter d'en manger pendant tout le mois qui va suivre. C'est bon la pastilla mais ça vieilli mal. Moi, j'entre en scène le samedi à midi, après les courses: je fais un moka et la soupe de scampis de l'entrée. Pour la déco de l'assiette de soupe, j'ai même acheté des grosses crevettes histoire que le plat ne ressemble pas trop à de la bouillie prédigérée une fois servi. Je décide aussi de faire des minis tartes à l'oignon pour l'apéro. C'est l'occasion d'essayer une variante. Au final, le résultat est assez réussi et le four, qui n'est toujours pas réparé, ne se montre pas trop capricieux pendant ces préparatifs.
J'ai fait briller mes chaussures
La soirée avec Tara et Brian se passe très bien. Ils semblent apprécier ce qu'on leur a préparé, et tout particulièrement la pastilla de Houda. Ils n'en avaient jamais mangé auparavant et c'est vrai que c'est assez surprenant comme goût, surtout avec la grosse couche de sucre et de cannelle sur le dessus et la demi bouteille de fleur d'oranger à l'intérieur de la préparation. On a parlé de beaucoup de choses, mais c'est souvent les mêmes sujets qui reviennent sur la table: les coutumes bizarres en Australie, en Grande Bretagne... et en Belgique. Le Maroc et l'islam (ramadan et souper marocain obligent). On n'évite pas non plus une grande discussion sur les Aborigènes d'Australie. On parle aussi du niveau un peu ras-les-pâquerettes des étudiants à Monash et du prix exorbitant des études. Comme je gère en continu la cuisson du repas (ce qui nécessite un repérage continu des "Tic Tic Tic" désespérés du four qui manque d'oxygène), je n'ai pas besoin d'être très actif lors de ces conversations et ce n'est pas plus mal: si mes capacités en anglais sont au top juste avant l'apéro, elles se dégradent exponentiellement au cours de la soirée. Quand nos invités nous quittent, je me rends compte que j'ai même du mal à parler français! Tout est chamboulé dans ma tête, et pourtant je n'ai pas trop bu. Petite déception tout de même, j'ai un peu loupé le moka en voulant utiliser du café beaucoup trop fort. Le goût était correct mais les biscuits n'étaient pas assez imprégnés.

Le lendemain, on enchaîne au quart de tour sur la préparation de la soirée de Sue. Puisque le moka est loupé et surtout parce qu'il n'est pas très présentable à moitié mangé, je décide de faire un gâteau au chocolat pour le dessert. Ma recette est assez bonne. Elle donne un gâteau très dur qui, à l'instar du kloug du "père Noël est une ordure", peut être utilisé pour démolir une voiture s'il est lancé d'un quatrième étage. La prochaine fois, je roulerai la pâte sous les aisselles pour faire une variante kloug-doubitchou.
Un bon kloug au chocolat
Cette deuxième soirée se passe très bien également mais on est un peu fatigué vers la fin. Même au début de l'apéro, je ne suis pas très au top côté anglais. Je me contente d'écouter les deux filles qui parlent et j'interviens de temps en temps.
Et dire qu'il faut aller travailler le lendemain! Dur dur! Surtout que Brian, lui, s'est bien reposé tout le dimanche et est en pleine forme quand j'arrive à Monash et veut me voir pour que je lui explique mon travail...

A l'université, le deuxième semestre vient de débuter et les cours ont recommencé depuis peu. Je participe au cours d' "introduction à la dynamique des structures aéronautiques" qui consiste à donner aux étudiants les bases de calcul des structures d'avions. Ce qui n'est pas mal, ce sont les nombreux exemples concrets d'avions que le cours présente. Si je n'ai pas trop de problèmes pour faire les calculs de structures, je dois dire que je n'y connais rien aux avions réels et, à part le fameux F-16 belge, je ne sais pas en nommer un seul. Pour les étudiants, c'est plutôt l'inverse, ils connaissent tous les avions possibles et imaginables mais ils ont du mal à additionner deux vecteurs. On se complète bien.

La deuxième semaine de cours ("week 2"), la leçon est remplacée par une visite du RAAF Museum (Royal Air Force, version australienne) à Point Cook. C'est une base militaire qui contient un petit musée où des avions sont exposés. Il y a aussi un atelier de restauration de vieux modèles. C'est pas mal du tout mais il fait très froid sur place. Et, comme les hangars ne sont pas chauffés, je suis littéralement frigorifié, malgré ma grosse veste belge.

Avant la visite, on a droit à une séance "engagez-vous" de la part d'un officier habillé comme Tom Cruise dans Top Gun (il ne manque que les lunettes). Il n'est pas gêné de dire aux étudiants qu'ils peuvent, s'ils le veulent, abandonner Monash dès le semestre prochain pour s'engager dans l'armée... Il projette à l'écran des images de guerre sur une musique victorieuse agrémentée de quelques explosions. Il cite les avantages des études à l'armée: le principal étant: "vous aurez un accès gratuit à toutes les salles de sport de la caserne"! C'est vrai que vu le prix des salles de fitness ici, l’argument peut convaincre. Il décrit aussi son expérience en temps qu'ingénieur aéronautique dans l'armée. A ses débuts, il faisait partie de la "Ground Support Unit"... Quand il a demandé si quelqu'un savait ce que ça voulait dire, j'ai voulu répondre que c'est ceux qui pèlent les patates et balayent le tarmac... J'ai pas osé... mais j'avais vu juste: il l'a dit lui-même, juste après, mais avec un tel sourire que ça avait l'air aussi gratifiant pour un ingénieur que de résoudre des équations différentielles... Bref, une belle misère intellectuelle... Mais c'est ça l'armée... En tout cas, ça m'a rappelé que notre travail est aussi beaucoup utilisé pour bombarder des gens. On a tendance à l'oublier.


La visite s'est terminée avec une démonstration de vol faite par un gars très vieux mais qui n'a visiblement pas oublié de profiter de son abonnement gratuit à la salle de sport. Il est monté dans son avion et il a commencé à faire des tas de loopings dans tous les sens. C'était vraiment impressionnant. J'ai fait une petite vidéo (ci-dessus) que j'ai posté sur YouTube. Ça ne donne pas aussi bien qu'en vrai mais c'est tout de même un chouette souvenir.

Sinon, côté sport, je continue à courir tous les week-ends. Vu qu'il y a des travaux au niveau de la gare de Flinders Street et qu'on ne peut plus passer sous le pont, j'ai changé mon tour et je tourne maintenant autour du jardin botanique. C'est en fait un parcours de jogging officiel nommé le Tan Track. C'est une boucle de 3.8km bien aménagée pour les coureurs (il y a même des chronos). C'est pas mal du tout parce qu'il y a beaucoup de monde qui court à cet endroit et on peut donc toujours trouver quelqu'un à essayer de rattraper. J'essaye de suivre des gens qui courent légèrement plus vite que moi pour m'améliorer. Autre source de motivation: mon GSM et un programme que j'ai trouvé: "Endomondo". Il utilise le GPS pour calculer toutes sortes de statistiques au cours de l'entraînement. A chaque kilomètre, une voix de femme, la même que sur mon TomTom, arrête momentanément la musique pour dire le nombre de kilomètres parcourus et le temps du dernier kilomètre. Ça me permet de courir à 5min par kilomètre (c'est-à-dire 12km/h) sans trop de problème pendant une heure. Après, ouille, ça devient plus dur et la moyenne descend... mais j'essaye de continuer tout de même. Actuellement, je fais 4 tours. Avec le petit bout de chemin jusqu'à la maison, ça fait environ 17km en tout. J'espère faire 20km prochainement sans avoir mal nulle part (c'est pas gagné, mais je crois que j'y arriverai avant notre retour en Belgique).
Mon footing du dimanche enregistré par le GPS de mon téléphone
Évidemment, après le jogging, je suis un peu crevé et ça m'arrive de faire une petite sieste bien méritée. Ci-dessous, la dernière, au milieu du salon, façon SDF, et photographiée par Houda. Il faut dire qu'il faisait vraiment très froid. Et comme la machine à sécher le linge tourne dans la pièce à côté, les fenêtres sont ouvertes et le lit n'est pas une option envisageable.
Une petite sieste comme un vrai SDF
A propos de la ventilation de la salle de bain, l'affaire est maintenant terminée et nous savons que nous n'aurons PAS le fan promis par l'agence... Le proprio (que Dieu abatte sa colère divine sur lui) a décidé, après 3 mois, que l'installation était trop chère et qu'il annulait tout. Bien sur, personne n'a trouvé utile de nous prévenir le jour où l'installation était prévue et nous avons donc passé notre temps à attendre un installateur qui n'est jamais venu. Est-ce la faute du propriétaire? de l'agence? ou de l'électricien? Je n'en sais rien, mais dans ma tête, ils sont tous responsables et j'espère qu'ils auront tous prochainement un ongle incarné suite à mes prières!