lundi 25 juin 2012

Mais c'est "Koh Lanta au pole sud", ma parole!

"Winter is coming"... comme ils disent dans la série "Games of Thrones" que je viens de regarder sur mon PC. C'est Tara et Daniel qui m'ont refilé les 20 épisodes qu'ils avaient téléchargés sur le net en m'assurant que c'était une série extraordinaire. Et en effet, c'est extraordinairement violent, cru, et compliqué à suivre. Il s'agit d'une histoire de chevaliers qui se battent entre eux pour devenir roi. Il n'y a pas un seul épisode où une fille ne se déshabille pas entièrement et où un homme ne se fait pas étriper. Parfois ça change un peu, c'est un homme qui se retrouve à poil et une femme se fait alors étriper. Il y a aussi l'épisode où le bébé se fait étriper et le vieillard se retrouve à poil. Mais c'est pas le meilleur... Bon, j'ai tout de même tout regardé, mais je trouve ça quand même assez mauvais. J'ai même pas honte de dire que je préfère desperate housewives. Ça m'a tout de même changé des matches de starcraft que je regarde tous les jours pour passer le temps quand il n'y a rien à la TV.

Donc voilà, l'hiver est là et ça ne rigole pas à l'appart qui commence à nous montrer des signes de fatigue. Le problème principal, c'est l'humidité. On est obligé de laisser les fenêtres ouvertes dans la chambre et la salle de bain pour essayer d'évacuer toute l'eau qui provient d'une part de la douche, quand on se lave, et d'autre part du linge quand il sèche. Le design australien du sèche linge n'aide pas l'affaire puisque cette stupide machine ne possède même pas de tuyau d'évacuation pour la vapeur. Autrement dit, toute l'eau du linge est relâchée dans l’atmosphère de la pièce et vient se condenser sur les fenêtres (voir photo), sur les murs et le plafond. Il y a tellement d'eau que le plafond ruisselle et la peinture s'abîme à certains endroits en formant des grosses cloches qui ne tarderont pas à l'effriter et tomber par terre. Ce problème devrait être résolu ce jeudi où on devrait nous installer un "fan" sur la fenêtre de la salle de bain qui permettra de laisser les fenêtres ouvertes moins longtemps (mais qui viendra aussi alourdir notre facture d'électricité).
Mais c'est de la m**** cet appart!
Deuxième point noir: le four à gaz qui me permettait de cuisiner des tas de trucs intéressants comme des pizzas, des gâteaux, des gratins ou des champignons farcis. Il ne marche plus correctement, sauf si un ouvrier est là pour l'inspecter (ça a l'air de lui rendre vie). Il fait un bruit de fou ou alors, il s'éteint, tout simplement, en cours de cuisson. En fait, je pense qu'il s'agit juste de la ventillation qui ne marche plus. Soit l'hélice tourne et vient frapper sur je ne sais pas trop quoi, soit l'hélice ne tourne pas et le four s'éteint quand il n'y a plus assez d'oxygène dans le four...

Et pour couronner le tout le chauffe-eau a décidé de s'éteindre un jour sans prévenir (un vendredi, juste avant le week-end, évidemment). Nous voilà donc sans eau chaude, dans le froid, "comme des misérables" (je cite Houda)...

J'ai introduit une demande de réparation pour les deux premiers problèmes début mai. Il a fallu deux semaines, plusieurs relances par mail et téléphone pour que mon mail initial arrive à l'agence et soit pris en considération (les problèmes ne sont toujours pas réglé fin juin). La demande de réparation est un mini-dossier qui explique tout dans les détails, photos à l'appui. Lorsque finalement j'arrive à joindre la bonne femme qui gère l'appart, elle me demande si c'est un four électrique ou au gaz (mon mail est intitulé "gas oven")! Je l'aurais bien étranglée à distance mais je me suis souvenu que je n'étais malheureusement pas dark vador. Tant pis. J'ai répondu poliment, comme il faut toujours le faire avec ce type de personne détestable qui peut dépenser une énergie immense pour travailler moins (et finalement ne plus rien faire).

Pour l'eau chaude, c'était donc pas gagné. En insistant, j'ai réussi à avoir la femme de l'agence qui m'a dit qu'elle allait contacter un plombier. Aucune nouvelle le jour même, ni le lendemain matin. On resonne donc une nouvelle fois à l'agence et je tombe miraculeusement sur un gars bien sympathique qui téléphone au plombier. Celui-ci s'étonne puisqu'il était convenu, dit-il, qu'il viendrait à midi. Le problème est donc finalement réglé le samedi à midi après le passage du plombier; mais ce n'est que le mardi que je reçois une réponse de la femme de l'agence à un de mes nombreux mails envoyés entre le vendredi et le samedi midi. Elle me dit en gros "monsieur, j'ai parlé au plombier, il suffit que vous rallumiez le chauffe eau vous même".... Je lui avais bien sur expliqué 3x que le chauffe eau est situé à 4m du sol à l'extérieur du bâtiment. En plus il est déjà rallumé depuis 3 jours...Pfff. Quelle dépense d'énergie inutile. J'ai rarement vu une imbécile pareille (quoique, à Monash, ...).

Au moins, tout cet énervement nous aura un peu réchauffé... et quel bonheur de retrouver notre douche bouillante après 2 jours sans eau chaude!

Le vendredi soir de cette fameuse mésaventure, nous étions invités au resto grec par mon prof. Il voulait fêter la fin du semestre et nous permettre de nous rencontrer hors du contexte du travail. Le souper avait lieu à Oakleigh, une petite ville entre Clayton et le centre. On s'est bien amusé, surtout que le repas nous était offert. Il était constitué de beaucoup de petits plats bien sympathiques, un genre de mezzé, mais ça s'appelait pas comme ça.
Souper de service du 1er juin au Grec
Quand on est sorti de là, on avait bien mangé et bien bu (merci petit Jésus). La difficulté de la soirée était de parler anglais en ayant plusieurs verres dans le nez. Je me suis rendu compte à un moment que j'avais même du mal à parler français avec Houda. Comme tout le monde était dans le même état, ça ne s'est pas trop remarqué.
On a parlé de beaucoup de choses avec mes collègues australiens. Tout d'abord, le coût de la vie évidemment. C'est le sujet qui revient tout le temps sur le tapis. Tout est incroyablement cher ici et je me demandais comment des doctorants pouvaient vivre correctement ici puisqu'il semblerait qu'ils gagnent plus ou moins la même chose qu'en Belgique (c'est-à-dire un peu moins de 2000€/mois, c'est-à-dire exactement le montant de notre loyer à South Yarra avec les charges). Et bien, c'est simple, d'une part ils ne vivent pas à South Yarra (ils ont tendance à s’agglomérer entre eux) et d'autre part, ils vivent mal mais ils ne s'en rendent pas compte (ils ne jurent que par l'ALDI du coin par exemple). En tout cas, ils veulent tous (oui tous!) quitter le pays et aller vivre en Europe. En fait, on s'est rendu compte qu'on n'a pas encore trouvé un seul Australien qui ne rêve pas de quitter l'Australie. D'un certain côté, on les comprend, les pauvres: Melbourne est une sorte de petit paradis au milieu de nulle part. Quand on en a fait le tour, il n'y a plus grand chose à faire sans prendre un avion. C'est un peu comme vivre dans une oasis au milieu du désert.
On a discuté aussi beaucoup de la nourriture et notamment de leur fascination pour le chocolat (belge) à la menthe! Daniel nous a dit aussi que les Allemands étaient fous: ils mangent de la mayonnaise avec leurs frites! Il a été un peu gêné quand on lui a dit qu'en Belgique aussi, on préférait ça. J'ai parlé de mes découvertes: les ANZAC biscuits notamment qui sont vraiment très bons. Tara m'a dit qu'elle m'en ferait une boîte, ce qu'elle a fait quelques jours plus tard (voir photo ci dessous).
Les ANZAC biscuits de Tara devant mon PC fixe
Une semaine plus tard, nous sommes invités chez mon prof et Tara pour le souper. On passe la journée à faire les courses et à chercher des fleurs et une bouteille de vin. Les fleurs, on les trouve au Prahran market. Ce sont des roses jaunes pas très fraîches, mal arrangées et horriblement chères, mais il n'y a que ça de disponible... Houda essaye de récupérer la sauce en réorganisant le bouquet avant de partir. Leur maison est située à Richmond, pas trop loin de chez nous, mais suffisamment loin pour qu'on prenne le tram pour y aller. Il fait assez froid dehors. Sur place, ils ont invités un couple d'amis et ils nous accueillent avec une bouteille de champagne. La soirée commence bien. On discute de tout et de rien. Les sujets de conversations de la soirée précédente reviennent sur la table (les prix, la nourriture, les voyages, la thèse de Houda... notre mariage aussi). On commence à savoir en discuter sans trop de problème. Le repas est très bon. Ils ont préparé un menu "français" (boeuf bourguignon "bof bowwginiomm") et même du roquefort avant le dessert. Finalement le deuxième couple nous ramène à la maison un peu après minuit. Le lendemain, c'est le "Queen's birthday" qui est un congé pour beaucoup de gens mais pas pour Monash. On prend tout de même l'avant midi de congé pour récupérer.
On attend le bus dans le froid... "comme des misérables"
A force de parler de frites et de mayonnaise chaque fois qu'on rencontre des Australiens, on commence à avoir réellement envie de frites. On décide donc d'aller chercher des moules en ville, comme on avait fait avec Maman, et de faire nos propres frites à la poële! Le résultat est assez réussi (voir la photo ci-dessous). On dirait presque les frites de Taleyrac! La mayo ici est très chimique, du moins c'est le cas de celle que j'ai achetée. C'est très bon malgré tout. Les moules sont énormes!
Moules-frites à South Yarra
Le week end suivant, nous avons programmé une sortie avec Sue. Il s'agit d'un "ghost tour" qu'elle a déniché sur le web. On ne sait pas très bien à quoi s'attendre. Une sorte de parcours d’épouvante dans la ville? Mystère... Ça se passe le dimanche soir à 20:30 et ça dure 1:30. Avant d'aller au point de rendez vous pour le tour, on rencontre Sue à la gare pour aller manger des dumplings (c'est à dire des dim sum - même si, parait-il, ce n'est pas exactement la même chose) dans un resto de China Town. Sue a apporté la bouteille de vin qu'on lui avait offert le jour ou elle nous avait invité avec Maman. Ca va nous aider à nous tenir chaud pour le reste de la soirée qui s'annonce longue! Le repas est vraiment très bon et c'est le ventre bien rempli qu'on se dirige vers Federation Square. Le tour est en fait un parcours à pied dans la ville avec un guide qui nous raconte toutes sortes d'histoires (généralement un peu glauques) en fonction de l'endroit où on se trouve. Il parle vraiment très vite et on ne comprend pas tout ce qui se dit. En même temps, c'est pas très grave. Après 1:30, le guide nous annonce qu'on en a encore pour 1h de visite. Ouf! On en aura eu pour notre argent, même un peu trop... Le lendemain, on est un peu crevé et la journée au bureau n'est pas très productive.
Ghost tour - ça ce sont des graffitis!
Les jours suivants, Houda décide de revenir régulièrement à Monash. On vient de lui donner un magnifique bureau de "visiting academic" pour elle toute seule. Pourquoi cet honneur? Et bien simplement parce qui si personne n'occupe ce bureau, le département d'anglais risque de le perdre. En effet, un autre département lorgne sur ce bureau vide depuis un petit bout de temps et essaye de le récupérer discretos.
La pièce est très grande. Il y a un frigo, une table de réunion avec 6 chaises, double vitrage ... et un climatisation! Cette clim envoie de l'air glacé dans la pièce en continu. C'est dommage parce que Houda avait justement récupéré un petit chauffage électrique pour son bureau précédent. Elle est donc maintenant obligée de chauffer la pièce d'un côté et celle-ci se refroidit de l'autre. Impossible d'arrêter cette stupide clim qui rend la pièce invivable, surtout parce qu'elle souffle son air froid directement vers le bureau (même en été ça doit être désagréable). Après quelques tentatives maladroites de déviation de l'air avec des feuilles de papier, j'achète du gros scotch d'emballage pour boucher complètement l'arrivée d'air (voir ci-dessous). La pièce est maintenant agréable et peut être facilement chauffée!
Je joue à "Bob the builder" pour Houda
Coté sport, je n'ai toujours pas arrêté de courir. C'est vraiment nécessaire vu toutes les crasses que j'ingurgite (anzac biscuits, frites mayo, et chips - qu'ils sont bons les chips australiens, c'est atroce!!). J'ai même décidé d'augmenter la distance puisque je ne cours qu'une seule fois par semaine. Je fais maintenant 3 "tours" le long de la Yarra river, jusqu'au fight club de Flinders street. Ca fait un peu moins de 18km, c'est à dire 6x plus que mon premier tour dans le parc il y a 4 mois... et, au total, un peu plus de 200km à pied en Australie! Le parcours est très agréable le long de l'eau. Je transporte mon GSM qui me permet d'avoir de la musique et je peux ensuite suivre mon parcours sur google latitude grâce au GPS. Beaucoup de gens courent le dimanche matin. Il va y avoir un semi-marathon dans 3 semaines. Sue y participe mais j'ai décidé de ne pas le faire vu le prix (100$ l'inscription, c'est-à-dire le prix de mes chaussures!) ... ils sont fous ces Australiens.

samedi 2 juin 2012

Pas de doute, on va vers l'hiver!


Maman étant partie, nous reprenons courageusement le travail. Direction: Monash university. Houda reste à la maison pour pouvoir lire ses romans plus facilement qu'à son bureau qui n'est pas chauffé. C'est vrai qu'il commence à faire un peu frisquet ici. La plupart des Australiens ne se baladent même plus en tongs et T-shirt, c'est dire... Et quand je cours le week-end, je vois beaucoup moins de gens préparant des aussie barbecues. L'hiver approche et ce n'est vraiment pas drôle.

A notre appart, il fait, comme depuis toujours, plus froid à l'intérieur qu'à l'extérieur. Déjà lorsqu'il faisait 25°C dehors on mettait un pull dans notre salon. Maintenant, c'est devenu un vrai frigo. La vie ressemble donc un peu à ce qu'on vivait à Bagard lorsqu'on y allait à Pâques, mis à part qu'on n'a pas de feu de bois pour se réchauffer. On a tout de même un petit chauffage électrique qui marche pas trop mal mais on essaye de ne pas trop l'utiliser maintenant vu qu'on n'est pas encore en hiver et vu le prix exorbitant de l'électricité. Depuis que j'ai vu le prix de ce chauffage dans le commerce, j'ai d'ailleurs décidé d'acheter un extincteur, au cas-où.
Nos nouveaux amis: les médicaments australiens
Dans le bus au retour de Monash, un gars énorme s'est assis à côté de moi. Il portait un masque un peu comme les Japonais le font au Japon pour se protéger de la pollution. Malheureusement pour moi, ce n'était pas un Japonais même s'il ressemblait à un sumo et j'ai compris le soir qu'il devait être malade et que ce masque servait plutôt à me protéger de ses microbes... Mal de gorge, toux, ... et hop, on a maintenant une bonne raison de faire travailler notre le chauffage. Évidemment, le jour suivant, Houda est également malade. Pour se soigner ici, il faut aller au supermarché pour acheter les médicaments (juste en face des savons et des shampoings). Les vitamines sont vendues dans un rayon dédié tellement le choix est énorme.

En parallèle, le travail à l'université continue. Les trajets sont un peu plus courts qu'avant parce que je me lève un peu plus tôt (7h00) pour prendre le train de 8h00 à South Yarra. Ce train ne fait que 2 arrêts entre South Yarra et Huntingdale (le premier à Caulfield et le second à Oakleigh). Ça me permet d'optimiser mon temps de travail.
L'attente du 601 à Huntingdale
Question boulot, je n'en manque pas. En effet, il faut que j'écrive mon dernier rapport région wallonne qui clôture ma vie d'ingénieur de recherche. C'est pas très drôle à faire et j'y consacre toute une semaine. Au final, je me retrouve avec un bon gros document d'une soixantaine de pages qui me semble satisfaisant. J'évite de perdre mon temps à le relire puisque je sais bien qu'il ne sera jamais lu par personne. L'épaisseur me semble bonne et quand on le feuillette rapidement, on voit des belles images colorées et quelques équations avec des racines carrées pour faire sérieux.

La semaine suivante, on a droit à un congé pour le jour de l'ANZAC day. C'est une journée nationale en hommage aux militaires australiens et nouveaux-zélandais ("Australian and New Zealand Army Corps"). Pour fêter ça, on décide de rester chez nous bien sagement, même s'il y a quelques festivités autour du shrine of remembrance. Il faut dire qu'il pleut et qu'on n'est pas encore tout à fait remis de notre gros "rhube". C'est à ce moment aussi que je découvre les "ANZAC biscuits" qui sont en promo au supermarché pour l'occasion. Ce sont des biscuits assez durs qui ressemblent à des macarons durcis. C'est très bon et vraiment pas cher et ça nous change un peu des Tim Tams.

Les autres jours de la semaine, à l'univ, je commence à m'intéresser au travail de Louis, un des doctorant du labo. Il doit améliorer un modèle d'endommagement de composites en ajoutant principalement des effets visqueux. Comme je ne suis pas vraiment un "spécialiste matériau", j'aborde son travail avec beaucoup de précaution et j'annonce que vais d'abord refaire tous les calculs en partant de zéro pour apprendre la théorie et comprendre comment tout ça marche. Louis utilise en fait une routine Fortran (de 44 pages!) qu'un ancien post-doc a laissé derrière lui avant de partir. Bien sûr, ça a fait rire tout le labo quand je l'ai imprimée pour la lire... mais j'ai la situation s'est vite inversée quand j'ai commencé à leur dénombrer une quantité impressionnante de problèmes que le fameux post-doc avait cachés (ou pas vus?). En fait cette routine ne donne aucun bon résultat, même pour de simples simulation de traction simple... Au moins, grâce à cela, je vois maintenant très bien sur quoi je peux travailler et ce que je vais pouvoir améliorer. Je me lance donc dans une grande opération de nettoyage et amélioration de code qui va durer au moins un bon mois.
Practical classes à Monash
A côté de ça, je participe toujours aux exercices dirigés ("practical classes" et "tutorials") du cours de structures aéronautiques. C'est assez amusant et pas très compliqué  même si ça demande pas mal de préparation la veille. Ces séances me permettent surtout de pratiquer un peu mon anglais en répondant aux questions des étudiants. Ils ont l'air de comprendre ce que je raconte, donc je me sens plutôt utile. J'ai même un étudiant qui vient me voir à l'improviste à mon bureau pour me poser des questions supplémentaires. J'imagine qu'il se ferait éjecter comme un malpropre si il faisait ça avec un vrai assistant de l'université.


A l'université, c'est vraiment le grand confort pour travailler. Les ressources sont impressionnantes (bibliothèque, accès aux revues et bouquins en ligne, logiciels) et le bâtiment central est un vrai centre commercial qui permet d'obtenir ce qu'on veut quand on le veut. Il y a cependant quelques points noirs et Houda en parlerait bien mieux que moi. Le principal est l'absence (ou la puissance ridicule) du système de chauffage dans de nombreux bâtiments. C'est assez étonnant parce que, même si il semble faire chaud ici en été, il fait quand même franchement froid une bonne partie de l'année. Continuons dans les trucs nuls tant qu'on y est. Les toilettes pour hommes sont dignes d'un pays en voie de développement (voir photo). Je me demandais au début comment les Australiens arrivaient à pisser sur un mur sans s'arroser les pieds. Maintenant j'ai compris, c'est ma question qui n'a pas de sens. Ils s'arrosent les pieds. Et dans la foulée, ils élaborent une gigantesque mare tout le long du mur qui grandit jusqu'au soir et qui permet d'identifier les gens revenant des toilettes par le "scruitch-scruitch" que font leurs chaussures sur le sol. Beurk.
Voici les toilettes pour hommes.
Arrêtons de parler de l'université. Notre vie ici ne se résume pas uniquement à ça.

Le premier samedi du mois de mai, Sue nous recontacte et nous propose d'aller manger dans un petit resto indien qu'elle connaît et qui est situé pas trop loin de chez nous. Le resto est minuscule mais ce qu'on y mange est vraiment très bon. Pour seulement 10$, on peut choisir 4 "curries" parmi un choix relativement large qui seront accompagnés de 2 "rotis" (des crêpes indiennes - un genre de "chapati" pour les non-connaisseurs comme moi - voir photo). On passe notre soirée à discuter de tout et de rien avec Sue. C'est très agréable et la nourriture indienne nous réchauffe un peu (on était littéralement gelés dans notre appart avant d'y aller). A la fin de la soirée, Sue nous raccompagne en voiture chez nous; ça nous évite de reprendre froid sur le chemin du retour.
Menu à 10$ au resto indien
Les jours passent et, malgré le chauffage qu'on laisse maintenant régulièrement allumé et une bonne cure de vitamines, on est toujours pas très en forme. Un samedi matin, je décide d'aller tout de même au Woolworths pour faire les courses, même si je risque encore de me refroidir. J'ai pas vraiment les idées claires quand je pars et je décide au dernier moment de changer de veste. Je vais maintenant utiliser ma veste d'hiver belge. Arrivé au Woolworths devant les caddies, je me rends compte que j'ai tout simplement oublié mon portefeuille à la maison... grrr... je ne suis vraiment pas en forme, moi... Je prends donc mon courage à deux mains et je me dis que je vais faire l'aller-retour (ou plutôt un retour-aller) à l'appart, en tram cette fois, pour que les courses soient faites. Et malheureusement, je découvre à ce moment que j'ai également perdu ma carte Myki (c'est-à-dire mon abonnement de tram, que je viens de recharger pour un mois quelques jours auparavant). Quelle galère... Je passe donc le reste de la journée à rechercher cette foutue carte sur mon chemin, mais sans succès. Finalement, je décide d'envoyer un formulaire à la société qui gère Myki pour en obtenir une autre.

Le soir même de cette mésaventure, nous allons boire un verre avec mon professeur et son amie dans un quartier animé au nord de Melbourne. Ils viennent nous chercher en voiture et nous emmène dans un bar assez sympa mais dont l'entrée est cachée bizarrement au fond d'un marchand de frites, qu'il faut donc traverser pour s'installer et boire. On parle beaucoup et, avec le bruit, c'est un vrai exercice d'anglais intensif. Chaque verre coûte environ 10$ donc on ressort du bar vraiment pas très saouls. Faut être riche pour être un ivrogne dans ce pays!