dimanche 5 août 2012

Cooking

Finalement, il n'est pas si dur à vivre cet hiver au pays du vegemite et des Chinois renifleurs...
Il y a même des jours où on n'a pas trop l'impression de mourir de froid: c'était le cas le samedi d'il y a deux semaines où nous avons eu un merveilleux soleil pendant toute la journée. On en a bien profité en allant se balader jusqu'en ville en passant à travers le jardin botanique derrière chez nous. Houda n'y était jamais allée et ça vaut le détour.
Les Australiens avaient ressorti de leur BIR (built-in garde-robe) leurs T-shirts, leurs shorts et leurs mini-jupes pour profiter au maximum du beau temps et montrer leurs tatouages (15° au soleil, ça se fête!). Leurs tongs laissaient à nouveau entrevoir leurs ongles de pieds vernis de mille et une couleurs du meilleur goût. Moi, je ne suis pas allé jusqu'à me vernir les ongles mais j'ai tout de même renfilé mon "hoodie" australien, qui est une sorte de sweat shirt à capuchon bien typique d'ici (et des banlieues parisiennes). Bref, un truc que je ne mettrais jamais en Belgique histoire de ne pas passer pour un guignol. Ici, c'est la grande classe. C'est la mode australienne, il faut s'y faire...
Arrivé à South Bank, on s'est payé une bonne grosse glace qu'on a mangé le long de la Yarra river en compagnie d'une mouette très drôle. Il n'y a rien à dire, les glaces ici sont bien meilleures que chez nous!
Une journée de printemps en hiver (South Bank)
C'était donc notre dernière petite sortie sympathique en date. A côté de ça, nous avons passé tout notre temps libre à préparer le repas que nous prévoyions de faire pour Brian et Tara. Nous les avions invités à souper chez nous et ils s'attendaient à un repas marocain, évidemment. Les premiers tests de pastilla effectués une semaine à l'avance étant plutôt concluants, nous étions plus ou moins sereins à l'approche du week-end jusqu'au moment où Sue nous appelle pour nous inviter au resto (marocain!) le dimanche du même week-end, c'est-à-dire le lendemain de notre repas. Prévoyant déjà qu'on serait dans une forme pas terrible ce jour là, nous lui proposons plutôt de venir manger chez nous. On mangera la même chose que la veille et, pour nous, il suffira de préparer tout en double... Ça fera moins de travail et ça nous évite une sortie dans le froid.
Des scampis sans pastis comme entrée
Et c'est donc ce qu'on a fait. La veille de la première invitation, Houda reste à la maison pour préparer les deux pastillas et des briouates à la mortadelle. Je l'ai convaincue de faire deux petites pastillas et pas deux grandes pour éviter d'en manger pendant tout le mois qui va suivre. C'est bon la pastilla mais ça vieilli mal. Moi, j'entre en scène le samedi à midi, après les courses: je fais un moka et la soupe de scampis de l'entrée. Pour la déco de l'assiette de soupe, j'ai même acheté des grosses crevettes histoire que le plat ne ressemble pas trop à de la bouillie prédigérée une fois servi. Je décide aussi de faire des minis tartes à l'oignon pour l'apéro. C'est l'occasion d'essayer une variante. Au final, le résultat est assez réussi et le four, qui n'est toujours pas réparé, ne se montre pas trop capricieux pendant ces préparatifs.
J'ai fait briller mes chaussures
La soirée avec Tara et Brian se passe très bien. Ils semblent apprécier ce qu'on leur a préparé, et tout particulièrement la pastilla de Houda. Ils n'en avaient jamais mangé auparavant et c'est vrai que c'est assez surprenant comme goût, surtout avec la grosse couche de sucre et de cannelle sur le dessus et la demi bouteille de fleur d'oranger à l'intérieur de la préparation. On a parlé de beaucoup de choses, mais c'est souvent les mêmes sujets qui reviennent sur la table: les coutumes bizarres en Australie, en Grande Bretagne... et en Belgique. Le Maroc et l'islam (ramadan et souper marocain obligent). On n'évite pas non plus une grande discussion sur les Aborigènes d'Australie. On parle aussi du niveau un peu ras-les-pâquerettes des étudiants à Monash et du prix exorbitant des études. Comme je gère en continu la cuisson du repas (ce qui nécessite un repérage continu des "Tic Tic Tic" désespérés du four qui manque d'oxygène), je n'ai pas besoin d'être très actif lors de ces conversations et ce n'est pas plus mal: si mes capacités en anglais sont au top juste avant l'apéro, elles se dégradent exponentiellement au cours de la soirée. Quand nos invités nous quittent, je me rends compte que j'ai même du mal à parler français! Tout est chamboulé dans ma tête, et pourtant je n'ai pas trop bu. Petite déception tout de même, j'ai un peu loupé le moka en voulant utiliser du café beaucoup trop fort. Le goût était correct mais les biscuits n'étaient pas assez imprégnés.

Le lendemain, on enchaîne au quart de tour sur la préparation de la soirée de Sue. Puisque le moka est loupé et surtout parce qu'il n'est pas très présentable à moitié mangé, je décide de faire un gâteau au chocolat pour le dessert. Ma recette est assez bonne. Elle donne un gâteau très dur qui, à l'instar du kloug du "père Noël est une ordure", peut être utilisé pour démolir une voiture s'il est lancé d'un quatrième étage. La prochaine fois, je roulerai la pâte sous les aisselles pour faire une variante kloug-doubitchou.
Un bon kloug au chocolat
Cette deuxième soirée se passe très bien également mais on est un peu fatigué vers la fin. Même au début de l'apéro, je ne suis pas très au top côté anglais. Je me contente d'écouter les deux filles qui parlent et j'interviens de temps en temps.
Et dire qu'il faut aller travailler le lendemain! Dur dur! Surtout que Brian, lui, s'est bien reposé tout le dimanche et est en pleine forme quand j'arrive à Monash et veut me voir pour que je lui explique mon travail...

A l'université, le deuxième semestre vient de débuter et les cours ont recommencé depuis peu. Je participe au cours d' "introduction à la dynamique des structures aéronautiques" qui consiste à donner aux étudiants les bases de calcul des structures d'avions. Ce qui n'est pas mal, ce sont les nombreux exemples concrets d'avions que le cours présente. Si je n'ai pas trop de problèmes pour faire les calculs de structures, je dois dire que je n'y connais rien aux avions réels et, à part le fameux F-16 belge, je ne sais pas en nommer un seul. Pour les étudiants, c'est plutôt l'inverse, ils connaissent tous les avions possibles et imaginables mais ils ont du mal à additionner deux vecteurs. On se complète bien.

La deuxième semaine de cours ("week 2"), la leçon est remplacée par une visite du RAAF Museum (Royal Air Force, version australienne) à Point Cook. C'est une base militaire qui contient un petit musée où des avions sont exposés. Il y a aussi un atelier de restauration de vieux modèles. C'est pas mal du tout mais il fait très froid sur place. Et, comme les hangars ne sont pas chauffés, je suis littéralement frigorifié, malgré ma grosse veste belge.

Avant la visite, on a droit à une séance "engagez-vous" de la part d'un officier habillé comme Tom Cruise dans Top Gun (il ne manque que les lunettes). Il n'est pas gêné de dire aux étudiants qu'ils peuvent, s'ils le veulent, abandonner Monash dès le semestre prochain pour s'engager dans l'armée... Il projette à l'écran des images de guerre sur une musique victorieuse agrémentée de quelques explosions. Il cite les avantages des études à l'armée: le principal étant: "vous aurez un accès gratuit à toutes les salles de sport de la caserne"! C'est vrai que vu le prix des salles de fitness ici, l’argument peut convaincre. Il décrit aussi son expérience en temps qu'ingénieur aéronautique dans l'armée. A ses débuts, il faisait partie de la "Ground Support Unit"... Quand il a demandé si quelqu'un savait ce que ça voulait dire, j'ai voulu répondre que c'est ceux qui pèlent les patates et balayent le tarmac... J'ai pas osé... mais j'avais vu juste: il l'a dit lui-même, juste après, mais avec un tel sourire que ça avait l'air aussi gratifiant pour un ingénieur que de résoudre des équations différentielles... Bref, une belle misère intellectuelle... Mais c'est ça l'armée... En tout cas, ça m'a rappelé que notre travail est aussi beaucoup utilisé pour bombarder des gens. On a tendance à l'oublier.


La visite s'est terminée avec une démonstration de vol faite par un gars très vieux mais qui n'a visiblement pas oublié de profiter de son abonnement gratuit à la salle de sport. Il est monté dans son avion et il a commencé à faire des tas de loopings dans tous les sens. C'était vraiment impressionnant. J'ai fait une petite vidéo (ci-dessus) que j'ai posté sur YouTube. Ça ne donne pas aussi bien qu'en vrai mais c'est tout de même un chouette souvenir.

Sinon, côté sport, je continue à courir tous les week-ends. Vu qu'il y a des travaux au niveau de la gare de Flinders Street et qu'on ne peut plus passer sous le pont, j'ai changé mon tour et je tourne maintenant autour du jardin botanique. C'est en fait un parcours de jogging officiel nommé le Tan Track. C'est une boucle de 3.8km bien aménagée pour les coureurs (il y a même des chronos). C'est pas mal du tout parce qu'il y a beaucoup de monde qui court à cet endroit et on peut donc toujours trouver quelqu'un à essayer de rattraper. J'essaye de suivre des gens qui courent légèrement plus vite que moi pour m'améliorer. Autre source de motivation: mon GSM et un programme que j'ai trouvé: "Endomondo". Il utilise le GPS pour calculer toutes sortes de statistiques au cours de l'entraînement. A chaque kilomètre, une voix de femme, la même que sur mon TomTom, arrête momentanément la musique pour dire le nombre de kilomètres parcourus et le temps du dernier kilomètre. Ça me permet de courir à 5min par kilomètre (c'est-à-dire 12km/h) sans trop de problème pendant une heure. Après, ouille, ça devient plus dur et la moyenne descend... mais j'essaye de continuer tout de même. Actuellement, je fais 4 tours. Avec le petit bout de chemin jusqu'à la maison, ça fait environ 17km en tout. J'espère faire 20km prochainement sans avoir mal nulle part (c'est pas gagné, mais je crois que j'y arriverai avant notre retour en Belgique).
Mon footing du dimanche enregistré par le GPS de mon téléphone
Évidemment, après le jogging, je suis un peu crevé et ça m'arrive de faire une petite sieste bien méritée. Ci-dessous, la dernière, au milieu du salon, façon SDF, et photographiée par Houda. Il faut dire qu'il faisait vraiment très froid. Et comme la machine à sécher le linge tourne dans la pièce à côté, les fenêtres sont ouvertes et le lit n'est pas une option envisageable.
Une petite sieste comme un vrai SDF
A propos de la ventilation de la salle de bain, l'affaire est maintenant terminée et nous savons que nous n'aurons PAS le fan promis par l'agence... Le proprio (que Dieu abatte sa colère divine sur lui) a décidé, après 3 mois, que l'installation était trop chère et qu'il annulait tout. Bien sur, personne n'a trouvé utile de nous prévenir le jour où l'installation était prévue et nous avons donc passé notre temps à attendre un installateur qui n'est jamais venu. Est-ce la faute du propriétaire? de l'agence? ou de l'électricien? Je n'en sais rien, mais dans ma tête, ils sont tous responsables et j'espère qu'ils auront tous prochainement un ongle incarné suite à mes prières!

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