samedi 7 juillet 2012

Vacances d'hiver à Monash


Encore 3 mois ici... et ce ne seront pas les plus drôles. Je ne vais pas encore radoter sur l'hiver et sur les problèmes associés. C'est toujours la même chose. La routine s'installe et on a finalement trouvé toutes sortes de petits trucs pour vivre de manière plus agréable. Par exemple, quand on a vraiment trop froid, rien de tel que de cuisiner quelque chose au four. Cette solution est à nouveau possible parce que notre four tout pourri a finalement décidé de fonctionner à nouveau, et sans aucun bruit!
Bien entendu, il suffisait que ça arrive pour que le réparateur qu'on a demandé début mai se réveille et nous téléphone pour fixer enfin un rendez-vous. On a décidé de le laisser venir parce que, même si il est maintenant possible de cuire quelque chose, l'air ne circule pas correctement et il a tendance à s'éteindre tout seul quand il est froid. Ci-dessous, une belle tarte à l'oignon que j'ai préparé pour le repas que nous avons préparé pour Tara.
La Nièmme tarte à l'oignon - on ne s'en lasse pas.
Avec Tara, on est s'est vraiment bien amusé quand elle est venue à l'appart. On a discuté avec elle jusqu'à 20h alors qu'elle était arrivée pour manger à midi. Au moins, on ne repartira pas d'ici en parlant moins bien anglais qu'en arrivant (à un moment, j'ai pourtant cru que ça allait être le cas). Tara nous a promis de nous emmener dans une ville qu'elle connait bien dans les environs de Melbourne lorsqu'elle reviendra d'Irlande. Elle passe en effet deux semaines là-bas pour préparer son déménagement si j'ai bien compris. Elle est vraiment contente de quitter le pays.

Côté université, on n'a pas été gâtés avec les transports ces dernières semaines. Il y a eu des problèmes électriques suite aux fortes pluies et les trains n'avançaient plus sur la ligne de Pakenham. On a eu trois fois le coup en très peu de temps. En fait, la solution est très simple quand on la connait: il suffit de sortir de la gare problématique (Caulfield, Oakleigh ou Huntingdale) et de prendre le bus 900 pour faire le reste du trajet. A la première panne de train, Sue nous a envoyé des dizaines de messages pour nous dire qu'on arriverait jamais à quitter l'université et que tout était bloqué jusqu'au lendemain. Ce n'était pas le cas mais nous sommes tout de même rentré chez nous par précaution. Puisque ces problèmes nous avaient déjà gâché toute l'avant-midi, on a alors décidé d'aller se balader en ville le long de Brunswick street au lieu de travailler. Cette rue nous avait été décrite comme le quartier marocain de Melbourne où on allait pouvoir trouver tous les ingrédients nécessaires pour cuisiner la pastilla qu'on a promise à Tara... Mouais... Côté ambiance, en effet, il y a des similitudes avec Droixhe... C'est un vrai coupe-gorge, même en pleine journée... mais il n'y a rien de marocain là dedans. Juste un magasin qui vend très chers quelques bibelots arabes.
Vers le milieu de la rue, on se retrouve devant la brasserie Little Creatures et on décide d'entrer pour manger. Le coin est sympa et il m'avait été recommandé par mon collègue suisse. On mange deux pizzas pas mauvaises du tout arrosée d'une pale ale très bonne et originale, qui goûte un peu le citron.

On s'envoie un "pot" à la brasserie "Little Creatures".
La prochaine fois, je choisirai une "pint".
Après cette petite pause, on retourne à l'appart pour se reposer un peu (on a trop mangé). Cette journée n'aura pas été très productive.

A l'université, le travail continue pour nous, malgré les vacances d'hiver. Il y a vraiment très peu de monde qui travaille à Monash. Pourtant il ne fait pas beau dehors et il n'y a pas de "fêtes", comme on aurait Noël chez nous durant les congés d'hiver. Pas d'examens non plus pour les étudiants... Je ne sais vraiment pas ce que les gens font...
Le fait que l'université soit vide est plutôt agréable et j'ai donc décidé de me mettre à travailler à plein temps sur le modèle d'endommagement de matériaux composites de Louis, le thésard que je supervise. Le but est de publier un papier en collaboration avec Monash à la fin de mon séjour. Le problème, c'est que plus j'avance et plus je me rends compte que tout ce qui a été implémenté par mes prédécesseurs (ou, du moins, ce qu'il en reste et qu'on a mis dans mes mains) est faux... Il n'est donc pas possible d'utiliser ce qui existe et juste "lancer" quelques nouveaux calculs pour publier, comme on me l'avait dit au départ. Actuellement, je n'ai pas trouvé une seule routine qui fonctionne correctement. Et quand j'essaye d'expliquer les problèmes, j'ai parfois l'impression que le thésard ne me comprend pas. Il faut dire que c'est parfois difficile de trouver les bons mots en anglais dans ces cas-là. Je ne connais pas beaucoup de synonymes de "bad", "wrong", "dirty" ou "erroneous" et j'ai l'impression que je l'ai vexé plusieurs fois. Mais bon, la perspective de corriger toutes ces routines me motive beaucoup et je travaille énormément pour arriver à quelque chose qui sera robuste et réutilisable.
En parallèle, quand j'en ai un peu marre des composites, j'étudie le fortran 90. C'est un peu comme apprendre une langue morte, mais ça m'amuse tout de même. J'arrive maintenant à faire des trucs incroyables dans ce langage primitif. J'utilise aussi beaucoup Matlab et je me suis amusé à apprendre certaines fonctionnalités que je ne connaissais pas: le calcul symbolique par exemple ou la création d'interfaces graphiques.

Du côté de Houda, dans son bureau de ministre, elle ne bénéficie plus de mon beau bricolage rose qui a été rapidement arraché par le personnel de Monash. Mais ce n'est pas important parce que le trou problématique souffle maintenant de l'air chaud et non plus du froid.
Soirée GSM/TV/PC à l'appart autour du chauffage
Nos temps libres, on les passe principalement à faire la vaisselle, la cuisine, le linge et les courses. Après tout ça, on se retrouve comme des zombies devant notre PC où sur notre GSM, c'est-à-dire dans les deux cas sur internet. On termine les soirées par une séance cinéma dans le lit. Houda regarde des films égyptiens et je regarde des tas de navets que j'ai téléchargés: Le livre d'Eli, le rite, final destination, les évadés (il était pas trop mal celui-là) et plein d'autres dont je n'ai même jamais essayé de retenir le titre. Parfois il y a même des trucs à la TV mais c'est très rare. A part ça, on a suivi un peu "Australia's got talent", "the voice Australia" et "masterchef". C'est moins drôle que les versions européennes parce que les participants ne se font pas insulter quand ils ratent leur prestation. Dans masterchef par exemple, les juges (des cuisiniers de pacotille) trouvent toujours que c'est délicieux, même quand on a des nausées juste en regardant l'écran.
Les mêmes pommes de terre 3.48$/kg à gauche et 0.99$/kg à droite

Je termine ce billet avec cette photo que j'ai prise la semaine passée. Je trouve qu'elle illustre bien le "n'importe quoi" des prix australiens dans les supermarchés. C'est une histoire de patates. Au détail, à gauche, elles sont à 3.48$ le kilo. A droite, c'est 0.99$ le kilo (1.98 les 2kg)... Ce sont les mêmes. Je suis resté quelques minutes près du rayon pour observer les gens qui en prenaient et j'en ai vu beaucoup se remplir un bon gros sac avec celles de gauche. Il est facile de calculer qu'au delà de 3 patates, on a largement intérêt à acheter le sac de droite, quitte à jeter la moitié du sachet... mais non, la plupart préfèrent acheter 2kg de celles de gauche...

En fait, ici en Australie, les promos sont tellement énormes qu'il est vraiment très difficile d'estimer ce qu'on va payer à la caisse avant d'entrer dans un supermarché (c'est le cas aussi bien chez Woolworths que chez Coles). Par exemple, un pain (le même, dans le même magasin) coûte entre 3$ (prix réduit) et 5.99$ (prix normal). Un pack de canettes de coca coute entre 24$ (normal) et 16$ (promo). Les pommes pour mon gâteau hebdomadaire me coûtent entre 5$/kg et 2.5$/kg (promo). Et la fréquence des promos est très élevée: en général, une fois sur 2 c'est en promo. Pas de bol pour les pommes, cette semaine, c'était du 5$. Une modeste contribution pour payer la Lamborghini du fermier australien qui les cultive.
Bref, si on veut faire des économies, on doit acheter en fonction des promos et pas de ses envies. La différence est énorme (à vue de nez, 30% de gain en moyenne si on choisit les promos du jour). Et il faut ajouter à ça la "rewards card" du magasin qui, lorsqu'on la scanne, donne droit à des tas de promos supplémentaires (et tout à fait imprévisibles) à la caisse...

Faudrait vraiment que j'aie le courage de faire un petit glossaire de tous les trucs un peu étonnants ici. J'y pense chaque fois que mon collègue malaisien rote comme un porc derrière moi sans aucune retenue ou qu'un Australien renifle bruyamment toutes les 30 secondes au lieu de se moucher. J'ai beau être aware, je n'ai pas encore essayé le "tu veux un mouchoir?" de Jean-Claude Van Damme. Je crois que ça ne les ferait pas rire...

6 commentaires:

  1. Si j'ai bien vu se sont des olives noirs coupées en rondelles sur la tarte à l'oignon... ça donne très envie d'en manger. Finalement vous aurez réussi à recréer un microcosme belgo-franco-marocain à Melbourne grâce à vos préparations culinaires. Côté travail j'ai l'impression que tu te régales, tu as l'air emballé par les erreurs des autres :-) tant mieux qu'ils en ont fait :-)
    On se réjouit quand même de vous revoir en vrai et d'avoir vos commentaires en direct.

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    1. oui, je mets des olives, c'est ma touche personnelle par rapport à la recette de mémé. J'ai essayé des tranches de tomates comme certains font mais j'aime moins...

      Pour le travail, au début je pensais que j'allais être inutile vu que c'est pas exactement mon domaine. Chaque erreur que je trouve et que je peux corriger me donne l'impression d'être utile. Ça fait donc plaisir, oui! :)

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  2. j'ai oublié le e des olives noires... le monde entier va savoir que je suis faible en orthographe :-D

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    1. Je dois aussi en laisser beaucoup des fautes. J'ai un logiciel très bien fait pour les corriger mais je n'ai pas eu le courage de passer le texte dedans!

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  3. En plus, je n'ai pas réussi à savoir si je devais écrire "qu'ils en ont fait" ou "qu'ils en ont faites"... tu vois ce qu'un voyage de mes enfants en Australie me pose comme problème existentiel :-D. Il est vraiment grand temps que vous rentriez.
    PS: j'ai décidé d'opter pour une autre version. Il te faut remplacer la phrase par: tant mieux qu'ils les ont faites. Gros bisous

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    1. Et rassure toi, le monde entier ne vient pas ici!

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