samedi 18 février 2012

Premiers moments au centre ville

Réveil le matin très tôt, le matin du premier jour. Je suis vraiment très fatigué, mais je n'ai pas vraiment l'envie de dormir. Et il y a tant de choses à faire!! Un peu stressé aussi: chaque nuit ici à l’hôtel nous coûte un peu plus de 100€. On n'est donc pas ici en touristes. Il faut trouver un appart au plus vite et je sais déjà que ça va être une belle galère...

Petit déjeuner australien à l'hôtel Mercure.
Oublions ce problème un instant et prenons notre premier petit déjeuner sur le territoire australien. Pas de croissants, ni pains au chocolat, ici. Au mieux, du pain chimique, comme en Angleterre, plus ou moins immangeable s'il n'est pas grillé. En fait, on s'y attendait, on a déjà subi ça à Birmingham et l'année passée à Sydney. Il faudra juste changer nos habitudes et arrêter de penser manger comme en Belgique. J'aime encore bien le bacon grillé et les haricots en sauce avec les oeufs brouillés, donc finalement ça va. Ils proposent aussi des fruits pas trop mauvais et du Nutri Grain. Ce sont des céréales Kellogg's qui sont assez bonnes et que je n'ai jamais vues en Belgique.

Je teste aussi directement la vegemite dont on parle beaucoup sur le web et dans les guides touristiques (le petit récipient jaune sur ma tranche de pain, sur la photo ci-dessus). C'est une pâte à tartiner très salée, faite à base de levure de bière.... Les Australiens en raffolent et j'ai cru naïvement que j'allais arriver à avaler ça le matin du premier jour. J'ai tout de même réussi à mordre 2x dans la tartine mais le deuxième essai a eu raison de ma pulsion d'aventurier. Je croyais que j'étais capable de tout manger... et bien non, ce sera "tout sauf la vegemite" à partir de maintenant... Je n'ai jamais lèché un paillasson sale mais ça doit avoir plus ou moins le même goût.

Après ce repas, la première chose à faire est donc de trouver un logement. Pour cela, il faut, d'une part, pouvoir téléphoner aux agences et donc avoir une carte SIM australienne et, d'autre part, avoir un compte bancaire australien au plus vite pour pouvoir sortir une grosse quantité d'argent pour la caution de l'appart et le premier loyer. Pour la banque, j'avais lu sur le web qu'il est souvent demandé d'avoir une adresse en Australie... C'est donc le serpent qui se mord la queue. En Belgique, je m'y étais préparé et j'avais repéré une agence bancaire située à l'intérieur de l'université où on va travailler. Elle devrait pouvoir se satisfaire de nos invitations officielles et nous "domicilier" dans nos futurs bureaux.

Pour la carte SIM, j'avais été conseillé avant le départ par Sue, l'amie de Raquel. Il y a "Telstra" (cher mais très bonne couverture), "Optus" et "Vodafone" (moins chers, mais couverture moins bonne). Vu qu'on ne compte pas quitter la ville dans un futur proche, on élimine directement Telstra. En cherchant dans les boutiques Vodafone et Optus à proximité de l’hôtel, je me rends compte rapidement que toutes les offres prépayées sont quand même extrêmement chères par rapport à ce qu'on peut trouver en Belgique. Le gros problème, c'est qu'elles sont toutes limitées dans le temps. Il n'est donc pas possible d'acheter une carte à 5$ et de garder son crédit 8 mois en rechargeant uniquement quand on en a besoin. Le crédit minimum est assez élevé (généralement 30$) et il est généralement valable 30 jours (la seule offre à 10$ que j'ai trouvée donnait droit à une seule semaine de crédit!). Heureusement, en passant au Woolworths du coin, je repère une promo assez intéressante: recharge de 30$ pour 500$ d'appel valables 45 jours et en prime.... 5Go d'internet! Au moins, si on ne téléphone pas beaucoup, on utilisera tout de même l'accès internet proposé et on n'aura pas l'impression de payer pour rien. Ça m'évite aussi de chercher des hotspots wifi gratuits (on l'a fait les deux premiers jours - c'est gratuit, mais on comprend vite pourquoi...).

En fait, ici en Australie, la plupart des gens ont un smartphone avec un accès internet 3G. Dans les trains et le bus, un passager sur deux a donc les yeux braqués sur son téléphone en permanence (les autres téléphonent!). Ils ont une "avance technologique" sur nous à ce niveau là. En Belgique, pour 30$/25€ je ne sais pas ce qu'on a en termes de communications 3G mais ça ne doit pas être grand chose. Pour moi, le problème, c'est qu'avec cet abonnement de 5Go, je vais très vite m'habituer à avoir mon GMail, mon agenda, facebook et un GPS dans la poche. De retour en Belgique, il faudra certainement s'en passer... Certainement la même sensation que d'arrêter WoW: satisfait mais un peu en manque tout de même!

Le problème du téléphone est donc résolu, du moins pour les 45 prochains jours. J'ai même résolu le problème "internet" qui était caché beaucoup plus loin dans ma liste de tâches.

Étape suivante: "entrer en contact avec l'université" et, en particulier, avec le prof qui m'invite. Je pourrais envoyer un SMS ou un mail mais je me dis qu'il y a une chance sur deux qu'il ne me réponde pas, ou que j'attende 2 jours (à 100€) avant d'avoir sa réponse. L'idée de téléphoner dans le bruit à un inconnu "native speaker" ne m'enchante pas trop. Je ne l'ai presque jamais fait et ça me semble être un peu comme le jeu de la roulette russe: soit la personne au bout du fil a un accent du type "Queen's English" et c'est gagné, soit il parle comme Crocodile Dundee et c'est foutu!...

Bref... onze heures le matin... à Federation Square en face de la gare (initialement pour son wifi gratuit). Je trouve un endroit calme et je me lance, armé de mon gsm et sa nouvelle SIM... "Hello, This is Romain, your visitor from Belgium..." ... ... Ouf! Je comprends ce qu'il dit! Il a l'air de me comprendre aussi. La balle de la roulette russe n'est pas partie et je suis toujours vivant! Le professeur me fixe un premier rendez-vous en ville le lendemain à 14.00 "pour un café" (aïe, ça veut dire quoi?). Je téléphone aussi à Sue pour dire que nous sommes bien arrivés. Je tombe sur le répondeur de Sue et j'espère qu'elle nous recontactera.

Après ces deux coups de fil, je me sens en pleine forme! Les choses avancent! Je vais enfin pouvoir profiter du reste de la journée avec le sentiment d'avoir progressé un peu. On visite alors les alentours (le Queen Victoria Market), je récupère aussi quelques cartes de la ville à l'office du tourisme et on se repose un peu...

Le lendemain, après l'achat du forfait mobile au Woolworths, je rencontre mon professeur et son amie. Ils nous invitent à manger un bout dans une petite rue, près de Flinders Station. On avait malheureusement déjà mangé vu qu'on pensait qu'il s'agissait d'un simple café. Pas grave... Je prends une bière et, un peu surpris, ils m'accompagnent. Ça ne doit pas être courant de boire de l'alcool au milieu de la journée ici.

Première impression: ils sont vraiment très très sympas et semblent ravis de nous rencontrer. On parle tout d'abord de nos deux projets de travail à Monash pour les huit prochains mois. Je vais encadrer des PhD students dans leur travail quotidien et il serait peut-être même envisageable que je donne un "tutorial" sur Abaqus. C'est parfait; je n'aurais pas rêvé mieux. Je suis très à l'aise là dedans et ça me permettra de me concentrer sur mon anglais en interagissant avec des étudiants. Le professeur me dit qu'il est actuellement incapable de se payer une personne comme moi vu mon salaire (du moins, vu le salaire que j'aurais ici si je travaillais à Monash - c'est différent) et que ma visite est donc très profitable pour lui. Ça me rassure beaucoup puisque j'avais tout de même l'impression jusque là de m'être un peu "imposé" comme visiteur dans son labo. Sa compagne est également très gentille. Elle est prof de littérature dans une école secondaire à Melbourne. Ils nous conseillent pour la recherche d'un appart et nous disent de prendre le temps pour trouver quelque chose de bien loin de l'université! Ils proposent également de nous voir lorsque nous seront installés.

J'ai tout de même du mal à me relaxer. Rien que penser au futur appart me met dans un état d'angoisse pas possible parce que je m'imagine très bien la complexité de la recherche qui nous attend dans les prochains jours... J'ai donc du mal à me projeter au delà de cette recherche. Je me dis que c'est une grosse épreuve à passer, un peu comme un examen. Si on la loupe, on va se retrouver dans un truc tout pourri pendant 8 mois. L'enjeu est donc de taille...

2 commentaires:

  1. Bien chers Romain et Houda,
    je vous suis pas a pas...et je ris beaucoup!!!
    Beaucoup de choses sont familieres (Vegemite
    quelle abomination!) Je ne me souviens pas des petits dejeuners mais je mange regulierement
    les cereales multigains ici. Quand a la langue,
    j'ai eu de grosses difficultes aussi. Naturelle-
    ment,nous n'etions pas sous pression comme vous.
    Il me semble qu'il fait tres chaud (23 degres).
    chez vous.
    Nous revenons d'Amerique du Sud. Je vous en
    parlerai bientot. Bisous. Sim

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    1. Bonjour Simone, merci pour tes commentaires. On est maintenant bien installé et j'ai abandonné l'idée d'essayer de manger du vegemite. Je me suis donc acheté un pot de nutella meme s'il coute 3x le prix ici...
      Il fait pas très chaud ces jours-ci mais certainement plus chaud qu'en Belgique!

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