samedi 18 février 2012

A la recherche d'un logement

Le premier samedi, nous rencontrons Sue. Elle nous propose de nous faire visiter le lendemain, dans sa belle voiture, les différents quartiers de Melbourne pour qu'on puisse se faire une meilleure idée des possibilités qui s'offrent à nous pour le logement.

Devant l'Hotel Mercure à Little Bourke Street
Selon elle - et elle nous l'a répété plusieurs fois par e-mail déjà avant notre départ - il ne faut pas chercher un logement proche de l'université (à Clayton). D'après elle, c'est une zone assez moche qui se trouve entre une zone industrielle au nord et une zone assez pauvre au sud. Après avoir vu par moi-même l'endroit en question, je dirais plutôt que c'est une zone "vide" mais plutôt jolie, idéale pour quelqu'un qui a une voiture et qui veut avoir la paix, seul chez lui. C'est vrai que mis à part des maisons, il n'y a rien. Pas de magasins, pas de facilités et la zone est complètement oubliée par les transports en commun durant le week-end et en soirée, après les heures de travail. Sinon, ce n'est pas moche. Ça sent même très bon l'eucalyptus partout, c'est très agréable. Le seul problème c'est qu'il faut obligatoirement une voiture pour se déplacer. Même dans l'optique de travailler tous les jours, week-ends compris, on aurait des gros problèmes pour aller faire les courses à pied et on n'économiserait donc finalement pas un abonnement de bus. Vu le système de "zones de transport" de Melbourne, ce serait même plus cher de vivre à Clayton que de vivre en ville: le supermarché de Clayton est en "zone 2" alors que la ville est en "zone 1" et l'univ en "zone mixte"! Vivre en ville et aller à l'univ. en train ne demande donc qu'un abonnement d'une seule zone alors que vivre à Clayton nécessite les 2 zones pour aller de temps en temps en ville.

Bref, si un abonnement de bus-tram-train est indispensable, autant alors regarder un bel endroit le long de la ligne de train qui mène de la ville à l'université. Plusieurs choix sont possibles:
  • Le centre ville: très pratique mais quand même beaucoup plus cher qu'ailleurs. C'est aussi la solution la plus lointaine qui va donc nous pousser à travailler seuls à l'appart. On ne rencontrera donc personne... un peu dommage... Difficile aussi de résister à la tentation de la ville qui est vraiment très active et très dynamique, aussi bien en journée que le soir.
  • Richmond: première banlieue au sud-est du centre de Melbourne. C'est presque le centre ville. On peut d'ailleurs aller à Melbourne CBD à pied sans problème. Beaucoup de magasins/restos pas trop chers.
  • South Yarra: comme son nom l'indique, au sud de la rivière "Yarra", juste après Richmond en direction de l'univ. C'est un quartier très chic. Avantage: c'est très propre, très calme, très luxueux. Inconvénients, ben c'est très cher et un peu snob. Loyers comparables à ceux du centre ville, voire plus chers. Évidemment, c'est pas là par exemple qu'on va trouver des supermarchés chinois pour acheter ce qui nous manquera dans notre appart...
  • Entre South Yarra et Caulfield: c'est une zone meilleur marché parce qu'on commence à s'éloigner de la ville. Petit inconvénient: beaucoup de trains "express" ne s'arrêtent pas à ces gares intermédiaires et font South Yarra - Caulfield d'un seul bond!
  • Caulfield: c'est le premier arrêt en dehors de la ville qui est vraiment intéressant au delà de South Yarra. Caulfield abrite le second campus de Monash University à Melbourne. Il y a des magasins tout autour de la gare. Beaucoup d'étudiants aussi, donc peut-être pas très calme.
  • Oakleigh: un peu plus loin que Caulfield en se dirigeant toujours vers l'univ. Là aussi, une gare entourée de rues commerçantes. Le centre commercial géant Chadstone n'est pas très loin, un peu plus au nord, accessible facilement par bus.
  • Huntingdale: c'est l'endroit où on s'arrête avec le train pour prendre le bus et faire les deux derniers kilomètres en direction de l'université. Avantage de cet endroit: plus besoin de prendre le train pour aller à l'univ. Inconvénient, c'est un tout petit bled paumé, avec quelques magasins tout de même.
  • Clayton: j'en ai déjà parlé - la rue principale est pratique avec plein de magasins chinois très bon marchés et deux grands supermarchés Coles. En habitant là, je crois qu'on reviendrait parfaitement bilingue français-chinois à la fin du séjour, mais c'est pas vraiment le but... Cependant, gros inconvénient, on est ici en zone 2 pour les transports. Un aller/retour au centre ville nous coûte environ 11$!
Sue nous a également montré d'autres coins bien plus loin, en zone 2. "Quitte à être en zone 2, autant être dans une zone intéressante, encore plus loin de la ville, mais avec toutes les facilités", nous disait-elle. Ça ne m'a pas vraiment convaincu.

Voilà donc le topo en début de semaine 1. J'ai maintenant une vue globale très claire de la situation grâce à Sue. On peut dire sans hésiter que son aide aura vraiment été très précieuse, d'une part, pour le choix de la localisation du logement, mais aussi d'autre part pour l'acceptation de notre candidature auprès de l'agence immobilière puisqu'elle nous a aussi permis de la mentionner en tant que "référence" dans notre dossier (j'en parle plus loin).

D'autres arguments viennent s'ajouter à la liste de choix d'emplacements ci-dessus. Le large choix énoncé ci-dessus est en fait un leurre et la liste de résultats de recherche diminue vite. En effet, nous avons des critères plus ou moins importants à respecter dans notre recherche de location:
  • "appartement" (ou "unit" comme ils disent ici) plutôt que "shared accommodation". l'expérience des Indiens qui chantent tous les jours à 4h du mat' à Birmingham ne m'a pas appris à rester calme lorsque je vis en communauté. Bien sûr, ça peut être enrichissant, c'est vrai, mais ça peut être aussi une belle source d'emmerdes au quotidien. Autre problème plus pratique: le contrat de bail risque de ne pas être très clair puisqu'il est partagé et vu les montants des loyers ici, on ne peut pas se permettre d'avoir un problème de justificatifs pour le remboursement par les bourses en Belgique. Bref, ce critère supprime environ 70% des annonces du site. Ça élimine aussi la majorité des logements dans des endroits visés par les étudiants (Caulfield, Huntingdale).... et, accessoirement, ça double le loyer moyen des résultats de recherche...
  • "furnished" (meublé): si on peut éviter d'acheter un lit, une table et des chaises, c'est quand même beaucoup mieux; surtout que ça risque de ne pas passer en note de débours (à moins de ramener tout en Belgique). Avec ce critère, on supprime 95% des annonces...
  • "short-term lease" (bail de moins d'un an): la plupart des baux sont d'un an minimum. Avec un loyer moyen entre 300 et 400$ par semaine, ça fait une sacrée somme à payer si on quitte 4 mois plus tôt. Somme qui, encore une fois, aura du mal à passer sur la note de débours dans le cas improbable où on aurait pas déjà dépensé la totalité de nos subsides. Bien sûr, il y a moyen de casser le bail mais je n'ai pas envie de passer le dernier mois du séjour à jouer à l'agent immobilier pour trouver un autre locataire.
Ajoutons à ça qu'il faut aussi être à proximité des transports et de supermarchés tout en restant dans une fourchette de prix compatible avec nos revenus (c'est-à-dire largement inférieur au prix de l'hotel!).

Finalement, malgré tous ces critères, et après avoir passé plusieurs heures à s’énerver sur internet pour éplucher les annonces, il reste quand même quelques annonces sur la page de résultats de realestate.com. Mais évidemment pas des dizaines... Tous gérés par des agences; ce qui n'est pas plus mal puisqu'on cherche des justificatifs clairs.

Nous avons sélectionné l'annonce pour laquelle il était possible d'aller à l' "inspection" (la visite obligatoire, organisée par l'agence) au plus vite; c'est-à-dire le jour même. L'appart est situé à South Yarra. Il est meublé (cuisine, living, chambre et salle de bain), bail de 8 mois possible si on accepte un supplément de loyer.
La visite s'effectue avec le gars de l'agence immobilière ainsi que deux autres candidats potentiels: un Indien et un homme avec un accent russe (du moins, c'est comme ça que parlent les méchants dans James Bond). Visiblement l'appart ne convient pas au Russe et l'Indien ne prononce pas un seul mot durant la visite. Ça me met plutôt en confiance. Je demande donc directement à l'agent comment louer cet appart puisqu'il nous plait. "Tout se fait online", me répond-il, "...avec le formulaire ad-hoc... et la décision est prise dans la journée"... A trois jours près, il avait raison!

Le lendemain, depuis l’hôtel, je complète donc le fameux formulaire en ligne de candidature ("online application form"). Sue m'avait dit de me présenter comme "Docteur" puisque j'en suis un. Contrairement à la Belgique, ça pourrait jouer en notre faveur. Elle nous a dit aussi qu'on avait la chance d'avoir la bonne couleur de peau face aux autres candidats potentiels (c'est pas très joli mais c'est comme ça - mieux vaut être Européen qu'Indien en Australie - un chauffeur de taxi nous l'a confirmé).

En gros, dans ce formulaire en ligne, il faut tout déballer sur sa vie, jusqu'à expliquer quand et pourquoi on a quitté nos parents, avec indication du numéro de téléphone de ceux-ci au cas où l'agence voudrait vérifier! Heureusement, j'ai tous mes documents de visa scannés avec moi et il ne m'est pas trop difficile d'atteindre les 2x"100 points" nécessaires à notre identification (un scan du passeport vaut 50 point, un extrait bancaire vaut 10, au extrait d'acte de naissance 10, un certificat de mariage 10, etc.). Sans ces scans, je ne sais pas comment j'aurais fait! Il faut aussi donner 3 personnes de "référence" qui vivent en Australie et qui ne sont pas de la famille; c'est-à-dire des personnes à qui l'agence peut téléphoner pour demander confirmation des détails du dossier (et ils le font!).

Le dossier envoyé, je reçois un premier coup de fil de l'agence dans l'après-midi me disant que je dois remplir également un dossier de candidature pour Houda (en me mentionnant cette fois comme conjoint). C'est vraiment débile puisqu'elle apparait déjà dans mon dossier comme conjoint. Et hop, c'est reparti, je recommence le remplissage du formulaire. Le site web me demande a ce moment si je veut payer 10$ (!) pour qu'il remplisse le formulaire à ma place avec les infos précédemment entrées... Stoïque, je réponds "va te faire foutre" en cochant la case "non" et je prends mon mal en patience... Je commence à comprendre la raison du second dossier...

Le lendemain, pas de news de la candidature mis à part tard le soir quand je reçois un nouveau coup de fil d'un autre agent. C'est celui qui nous a fait visiter l'appart. Il me demande si je suis toujours intéressé par la location et, si oui, pourquoi je n'ai pas rempli le formulaire! Aargl. Mais c'est quoi ce système pourri?? Je lui dis que je l'ai fait... mais, bien sûr, il n'a pas de traces de son côté à l'agence!

Le lendemain, je le rappelle et il me dit que ça va, il a enfin trouvé mon dossier mais pas celui de Houda... Finalement, après beaucoup de stress (le week-end approche), une dame nous téléphone à 18.00 le soir même, pour nous dire que le dossier a été accepté! Ouf! Un peu désespérés, on avait déjà prévu de nouvelles visites d'apparts pour le samedi histoire de ne pas perdre notre temps et on n'est pas fâché de les annuler. Le premier loyer est payé directement par VISA par téléphone et il ne reste plus qu'à payer la caution le lundi matin pour obtenir les clefs.

Déménagement possible dès le mardi matin!

2 commentaires:

  1. Claudine Paquay2/27/2012 4:50 PM

    On suit tes aventures comme une série télévisée..et Houda, en a t'elle trouvé une à son goût ?( une série)
    Biz à vous deux,

    Claudine

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    1. Non, on n'a rien a regarder et on est tres tristes. Je dois faire une manip assez compliquee pour telecharger des films... Probleme en cours de resolution.... :-)

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